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Les actes suivront-ils les mots ? Comme je l’indiquais hier : nous verrons bien ! En tout cas il y a urgence…

Posté par jacques LAUPIES le 13 mars 2020

 

 

 

Les actes suivront-ils les mots ? Comme je l'indiquais hier : nous verrons bien ! En tout cas il y a urgence... dans POLITIQUE
Vendredi, 13 Mars, 2020

DES « DÉCISIONS DE RUPTURE » ? CHICHE ! PAR PATRICK LE HYARIC

 
Le ton était grave et solennel. Au diapason d’une situation sanitaire inédite qui menace de se transformer en catastrophe. Le président n’a lésiné sur aucun argument pour incarner l’unité nationale qu’il a pourtant tant abîmé durant ses trois années de mandat. Celle-ci est pourtant souhaitable, indispensable même pour affronter l’épidémie et la juguler par des actions coordonnées. Nos institutions, quoi qu’on en pense, prêtent aux Président ce rôle de clef de voûte qu’il lui revient donc d’incarner. 
 
 
 
Les mesures annoncées pour contenir la propagation du virus sont d’une ampleur inédite et, de l’avis de très nombreux médecins et scientifiques, justifiées. La fermeture des établissements scolaires va astreindre plus de 12 millions d’enfants à domicile. Sans compter les enfants accueillis dans des structures collectives dédiés à la petite enfance que les grands parents, que l’on sait particulièrement vulnérables au virus, ne pourront prendre en charge. Et il n’est pas impossible, dans les jours et semaines qui viennent, qu’une situation à l’italienne nous soit imposée, avec confinement maximal et arrêt de l’activité, des transports et des commerces. Un chamboulement immense de la vie quotidienne se profile donc, avec des conséquences en cascade sur la vie économique, familiale, sociale. 
Le virus est un phénomène global qui n’épargne aucun segment du monde social. Cette situation d’apesanteur va inévitablement redéfinir bon nombre d’idées reçues et de comportements. Les discussions vont déjà bon train à tous les étages de la société pour s’organiser, s’entre-aider, sans qu’une parole présidentielle ne nous y engage. L’astreinte à domicile et la rupture instituée dans la vie quotidienne vont inciter les citoyens à vivre différemment, à discuter et chercher à comprendre les tenants et aboutissants d’un moment extraordinaire, à comprendre les ressorts d’une débâcle économique terrifiante pour tant de travailleurs.  C’est à l’instinct de survie et d’entraide, qui n’est autre qu’une forme d’intelligence collective (non, l’Homme n’est pas qu’un loup pour l’Homme !), que s’en remettent pour l’heure, lucidement et sereinement, des millions d’êtres humains, en France et dans le monde. 
Nous avons pour notre part des atouts considérables pour faire face au phénomène et faire vivre la solidarité. A commencer par une structure sociale assise sur des services publics, et plus largement, un secteur public que M. Macron s’évertue, avec ses prédécesseurs, à vouloir détruire pour satisfaire aux oukases du Dieu Marché. 
Il est cocasse que le Président lance, des trémolos dans la voix, des hommages à notre service public de la santé quand son gouvernement s’est évertué à détruire l’hôpital public et la médicine ambulatoire, transcrivant dans son fonctionnement les pires tares de management néolibéral. Ainsi an va-t-il de cette absurdité proférée par Mme Buzin comme ligne directrice pour l’hôpital, du « bed managment » : horrible anglicisme digne de la « Start-up Nation » pour désigner un rationnement des lits d’hôpitaux reposant sur le principe absurde du « zéro lit libre » qui consiste à appliquer au secteur public de la santé les flux tendus à l’extrême des marchés de capitaux, de matières premières et de marchandises – le fameux zéro stock lui aussi mis en accusation. Tout cela dans l’objectif d’une réduction de la dépense publique exigée par les institutions du capital et leurs relais politiques. La crainte d’un débordement des structures d’accueil épuisées par les saignées successives dans l’hôpital public a donc poussé le gouvernement à définir une stratégie pour lisser l’épidémie dans le temps. Il semble que celle-ci soit de nature à permettre aux professionnels de santé de faire valoir plus sereinement leur engagement indéfectible au service de malades. 
M. Macron aurait-il soudainement découvert la vertu des services publics ? Ceux dont M. Sarkozy saluait avec la même vigueur le rôle d’amortisseur en 2009, en pleine tempête financière, pour mieux les saigner une fois la foudre passée ? 
Nous aurons retenu et prenons à sa juste mesure les paroles prononcées hier soir. « Quoi qu’il en coûte » a insisté le Prédisent à trois reprises dans son allocation pour évoquer les mesures à prendre, lui qui évoquait il n’y a pas si longtemps l’argent public en terme de « pognon de dingue », insistant sur le fait que la satisfaction des besoins humains ne pouvaient être « open bar ». Comment juger de l’authenticité de ces paroles si ce n’est pas par actes, rapides et forts, de nature à changer le système fou qui nous mène à de telles impasses ? 
 
« Des décisions de rupture »
Le président a clôt son intervention sur des mots forts : « Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture. Je les assumerai ». Santé, production, Europe : la rupture serait donc globale, à l’image de la crise à l’œuvre. Nous ne pouvons que souscrire à cette ambition. Les partis d’opposition de gauche, le parti communiste, les syndicats n’ont pas manqué de proposition de rupture avec un système à la merci du moindre craquement d’allumette. Jusqu’ici dans l’indifférence si ce n’est le mépris du pouvoir. Seront-ils désormais entendus avec le sérieux et la sagesse que le moment réclame ? 
Il faut tout d’abord prendre des mesures drastiques pour assurer la protection des travailleurs face à la tempête économique qui vient. D’autant que les travailleurs, contrairement à 2008, se trouvent dans un état d’insécurité accru du fait des mesures prises par M  Macron lui-même, au poste de ministre de l’économie lors du précédent quinquennat et à la présidence de la République, de Loi travail aux ordonnances de destruction du code du travail. Rappelons que ces textes législatifs ont été imposés pour lier les salariés aux objectifs du capital mondialisé, réduisant à peau de chagrin les barrières qui les immunisaient des aléas du marché. Il en va de même d’une contre-réforme des retraites qui consiste à lier le niveau des pensions aux performances individuelles sur le marché de l’emploi et aux performances boursières sur les marchés de capitaux. La crise actuelle ne fait que renforcer l’exigence d’un retrait. 
Dans l’immédiat le président doit surseoir à la mise à sac de l’assurance chômage dont l‘objectif est de contraindre les privés d d’emploi à se plier aux injonctions du marché de l’emploi. Cette insécurité totale institue un risque inconsidéré pour des centaines de milliers de salariés qui plongeront dans une précarité redoublée dès les prochaines semaines. Le gouvernement a su surseoir à la privatisation d’Aéroports de Paris devant la débâcle boursière, prouvant en creux la solidité de la propriété publique. Va-t-il surseoir à la réduction des droits des chômeurs devant l’avalanche économique ?  Voilà un exemple qui permettra de juger de l’authenticité des ruptures annoncées. 
Il faut ensuite débloquer les sommes nécessaires pour soutenir l’activité des petites et moyennes entreprises frappées de plein fouet par le ralentissement spectaculaire et soudain de l’économie. Les banques qui bénéficient d’une politique généreuse de la Banque centrale européenne doivent faciliter l’accès au crédit dans des conditions tout aussi avantageuses. Quant au gouvernement, il a toute latitude pour réorienter son crédit d’impôt vers les structures les plus fragiles, à toutes les échelles de la vie économique, et produire des actes de relance budgétaire puissants. Ces mesures d’urgence doivent s’accompagner d’une « rupture » radicale dans l’organisation du crédit. Un secteur bancaire public doit impérativement voir le jour pour cesser ces courses au rendement financier qui motivent aujourd’hui l’action des plus grandes banques pour contrebalancer les effets des taux bas et négatifs peu rémunérateurs. Depuis la crise de 2008, l’économie mondiale chemine sur un fil étroit à la manière du funambule et menace de tomber à la renverse à échéance régulière et rapprochées. Toutes les mesures soit disant volontaristes n’ont été que poudre aux yeux. Elles n’ont eu pour seul effet que d’accroitre la dépendance de l’économie réelle à la finance. Il faut que cela cesse. Et ce ne sont pas des mesurettes qui le permettront. 
Ceci doit être le prélude à une toute autre organisation de la mondialisation qui ne repose plus sur des chaines de valeurs instituées par une division mondiale du travail exacerbée et quelque peu néocoloniale : les bras là bas, les cerveaux ici… La Chine ne s’y trompe d’ailleurs pas qui, si elle sait profiter à son compte des bêtises proférées et mises en œuvre par nos capitalistes, promeut avec astuce une forme de mondialisation internationaliste reposant sur la coopération. Relocaliser la production, travailler à un à redressement industriel partagé par zone géographique pour resserrer les chaines de valeur, tout en menant des projets de coopération internationaux, voilà qui devrait être une absolue priorité
L’Europe enfin – son épicentre du moins, la zone euro – peut éclater sous les coups de boutoir d’un ralentissement non maitrisé de l’activité dans des pays comme l’Italie aujourd’hui, les autres demain. Le projet défini par les traités de Maastricht et de Lisbonne s’écroule chaque jour d’avantage devant l’égoïsme de nations institué par une concurrence érigée en dogme. La Banque centrale européenne ne joue plus qu’un rôle d’assureur en dernier ressort d’un système bancaire devenu fou. C’est un tout autre projet, reposant sur la souveraineté populaire et la coopération, qui frappe à la porte. Il est temps que les peuples s’en emparent avant qu’il ne s’écroule et avec lui l’ensemble d’un système économique interdépendant.  
Le virus aura surtout mis une lumière sur un secteur de la santé en crise permanente, mis sous la coupe des politiques d’austérité. Non seulement il convient d’annuler les 30 milliards de dettes du secteur hospitalier, indument contractées, mais aussi et surtout d’engager urgemment un plan de relance à hauteur de 4 milliards, comme le réclame le collectif inter-hôpitaux, juste retour du gel des crédits sur la dernière décennie. 
Les témoignages abondent enfin des conséquences catastrophiques des crédits amputés à la recherche fondamentale ces dernières décennies, notamment au CNRS. Celui-ci s’était lancé au début des années 2000, après l’épidémie de SRAS dans un programme de recherche sur les Coronavirus. Une fois l’épidémie passée, le programme fut arrêté et les équipes dirigées autoritairement vers d’autres sujets de recherches, faute de moyens leur disait-on. 
Le pays de Pasteur s’enorgueillirait de mener en coopération avec d’autre pays, des programmes de recherche sur le temps long, financés à hauteur des besoins. On remarquera au passage que les montagnes de milliards engloutis par les GAFA au nom de la recherche, notamment en intelligence artificielle n’ont pas permis à ces derniers de manifester quelque secours que ce soit dans la séquence. Ainsi n’a-t-on aucune modélisation sérieuse de l’épidémie par ces mastodontes qui se font pourtant un plaisir d‘avaler les données, particulièrement médicales, du monde capitaliste. C’est tout le système de la recherche et son financement qui est revoir, autour d’un pole public élargi et sanctifié.  
Si le président entend réellement prendre des décisions de ruptures, nous sommes disposés à les mettre, avec d’autres, en débat. Le temps presse. Et l’Histoire nous observe. 
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En écoutant Macron j’ai un temps cru qu’il allait complètement infléchir sa politique de santé et prenait en compte la nécessité de perfectionner un système que le monde entier nous envie ! Je me suis dit un temps cet homme confronté aux réalités que met en évidence une épidémie va enfin remettre sur pied les hôpitaux et prendre en compte les insuffisances d’effectifs, les salaires trop bas, et la désertification médicale. Me suis – je trompé ? Les jours, mois et années à venir me le diront…

Posté par jacques LAUPIES le 13 mars 2020

 

 

AFP

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Jeudi, 12 Mars, 2020

COVID-19 : EMMANUEL MACRON INFLÉCHIT LA LIGNE DU GOUVERNEMENT

Face à la « plus grave crise sanitaire depuis un siècle » dans le pays, le chef de l‘État n’annonce pas formellement un « stade 3 », mais les mesures énoncées, comme la fermeture des crèches et de tous les établissements solaires, y ressemblent fort. Les élections municipales se tiendront normalement.

 

L’allocution fut en direct, comme pour se donner, jusqu’au dernier moment, le maximum de latitude – le bruit a couru d’un report des élections municipales. Le chef de l’État, prenant solennellement la parole jeudi soir, n’a pas formellement annoncé le passage du pays à un « stade 3 », mais les mesures annoncées y ressemblent pour beaucoup. Crèches et établissements scolaires fermés à partir de lundi, une mesure déjà mise en place chez plusieurs voisins européens, et jusqu’au 6 avril. Au passage, un cinglant démenti au ministre de l’Éducation qui, le matin même, assurait que la fermeture totale des écoles n’avait « jamais été envisagée ».

« L’urgence est de freiner l’épidémie, de protéger les services d’urgences et de réanimation » : Emmanuel Macron a appelé, sans rendre les mesures contraignantes, à ce que chacun « reste autant que possible au domicile », demandant aux entreprises de « permettre et intensifier » le travail à distance. Les transports publics sont également maintenus. Pas de scénario à l’italienne donc, mais pas non plus les mesures plus drastiques prises ailleurs en Europe, comme la fermeture de musées aux Pays-Bas, et l’abaissement du nombre maximal de personnes lors de rassemblements – il vient d’être abaissé à 100 personnes au Danemark, mais demeure à 1000 personnes en France.

Assurant que le gouvernement n’est pas pris au dépourvu, « durant plusieurs semaines nous avons préparé, agi », le président juge que la stratégie française a permis de retarder les cas sévères et la propagation du virus. Rendant au passage un hommage aux « héros en blouse blanche ».

Trêve hivernale prolongée, fermeture de frontières évoquée

Le chef de l’État choisit une réponse graduée sans s’interdire d’autres mesures à l’avenir, car « nous ne sommes qu’au début » d’une épidémie qui « partout en Europe s’accélère, s’intensifie ». Sans reconnaître un quelconque retard à l’allumage.

Pas de report des élections municipales dont le premier tour se tient dimanche, rien ne s’oppose à ce que les Français soient consultés, le chef de l’État rappelant les « mesures de barrières » prodiguées. La trêve hivernale (des expulsions locatives) est reportée de deux mois. Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (Fnars), s’est félicité ce ce « prolongement de la trêve hivernale, demandé par les associations (…) Immense soulagement pour les personnes qui risquaient une remise à la rue ou une expulsion. Reste à protéger les SDF de la maladie ». Pour les entreprises, un « mécanisme massif de chômage partiel » sera mis en œuvre, des reports de prélèvements sociaux des entreprises, sans que l’on sache à cette heure qui paiera l’addition. À plus moyen terme, Emmanuel Macron avance un « plan de relance national et européen cohérent avec nos priorités », en assurant que « l’Europe réagira de manière massive pour protéger son économie », bien qu’il n’ait pas, avec ses partenaires européens, un quelconque début d’accord en ce sens.

Une allocution qui n’oublie pas le calendrier politique et l’échéance de dimanche, où Macron a relancé un clivage entre « progressistes » et nationalistes, au moment où les municipales peuvent montrer qu’il tend au contraire à s’effacer, au profit du clivage classique gauche-droite. Le temps est à l’union sacrée, assure-t-il, demandant au pays de « faire bloc »,  «il faut éviter le repli nationaliste, ce virus n’a pas de passeport ». L’instant d’après, le chef de l’État a évoqué la possibilité de « fermetures de frontières quand elles seront pertinentes, à l’échelle européenne », contre la propagation du virus.  En concluant la vingtaine de minutes d’allocution, avec parfois des répétitions, Emmanuel Macron a évoqué la nécessité de reprendre le contrôle de services, comme l’hôpital, « qui doivent être en dehors des lois du marché ». À l’heure d’une réforme de l’hôpital qui a suscité une grève qui, la semaine prochaine, entrera dans sa seconde année, pas sûr que le message soit reçu par des professionnels de santé en voie de saturation durable.

En écoutant Macron j'ai un temps cru qu'il allait complètement infléchir sa politique de santé et prenait en compte la nécessité de perfectionner un système que le monde entier nous envie ! Je me suis dit un temps cet homme confronté aux réalités que met en évidence une épidémie va enfin remettre sur pied les hôpitaux et prendre en compte les insuffisances d'effectifs, les salaires trop bas, et la désertification médicale. Me suis - je trompé ? Les jours, mois et années à venir me le diront... dans POLITIQUE

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