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Le Directeur de l’Humanité s’exprime.

Posté par jacques LAUPIES le 3 février 2020

 

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La Lettre du 1 février 2020
 
 
 
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Bonjour à chacune et chacun,
Le Conseil d’État n’a pas seulement rendu un avis sévère sur le projet gouvernemental de destruction du système de retraite solidaire, il a mis en cause sa constitutionnalité. C’est un appel aux parlementaires à abandonner ce texte.
 
Lundi dernier dans l’Humanité sous le titre « le coup de pistolet du conseil d’Etat » (à lire ici), j’ai développé quelques idées sur la situation nouvelle créée par la haute juridiction administrative qui a vertement mis en cause la méthode mais aussi les contenus de l’étude d’impact et des deux lois. J’y suis revenu dans mon éditorial de l’Humanité Dimanche, « Une seule issue : le retrait ! » que vous pouvez (re)lire ici.
 
Retrouvez également l’entretien donné par Anicet Le Pors dans l’Humanité du 29 janvier, disponible ici. Ces textes peuvent être frappés d’anticonstitutionnalité pour deux raisons fondamentales. L’article 40 de la Constitution ne tolère pas la présentation de projet ou de proposition de loi sans en avoir prévue les modalités de financement. C’est le cas ici. D’autre part comme le révèle l’Humanité de jeudi dernier, il ne peut y avoir de loi qui fasse injonction de dépenses comme le fait le projet gouvernemental à propos des enseignants (à lire ici).
 
Le Directeur de l'Humanité s'exprime. dans POLITIQUE
 
 
L’éditorial de l’Humanité Dimanche
 
 
Le relais du mouvement social au Parlement doit sur ces bases être puissant. Les groupes parlementaires disposent de plusieurs outils : motion d’irrecevabilité, question préalable, motion de censure, mais à mon sens c’est le projet de « motion référendaire » avancé par les députés communistes qui serait politiquement le plus efficace. Une motion référendaire votée ouvre la voie à la consultation du peuple sur l’opportunité de ces lois destructrices. À la différence d’une motion de censure dont on comprend que les parlementaires « En Marche » constituant la majorité gouvernementale et présidentielle ne peuvent voter, la motion référendaire leur ouvre la possibilité de procéder à un acte démocratique tout en défendant leur texte dans un grand débat public. Autrement dit, refuser une consultation populaire ne viserait qu’à verrouiller le système et à passer en force contre l’avis d’une majorité de nos concitoyens selon les enquêtes d’opinion. Si la majorité présidentielle et gouvernementale est certaine de son fait elle ne devrait pas refuser de voter une motion référendaire. Si elle gagne le référendum la loi amendée s’appliquera. Si elle le perd tout doit être remis sur la table. Puisque le Président de la République y est allé de sa sortie sur « démocratie » et « dictature », une telle idée devrait lui plaire. Répétons-le, il s’est engagé dans son programme à ne pas abaisser le niveau des pensions, ni à reculer l’âge de départ en retraite. Or l’étude d’impact que le pouvoir a lui-même commandé montre le contraire. Il y a là un beau débat politique à mener. L’Humanité prendra des initiatives pour le pousser.
Ceci ne rend que plus nécessaire encore, de faire connaître les contenus de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche, de pousser leurs articles sur les réseaux sociaux. Pour le mouvement, pour le progressisme, il est devenu d’intérêt public de faire ce travail simple afin d’élargir le nombre de celles et ceux qui sont en contact avec la créativité des équipes rédactionnelles de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche.
 
 
 dans POLITIQUE
 
 
Le refus de dialogue réel du pouvoir s’accompagne d’une campagne idéologique dont le Président de la République a pris la tête autour d’un faux débat autour de « dictature » ou « démocratie». Celui-ci ne sert évidemment qu’à justifier les reculs démocratiques, et un autoritarisme de plus en plus grand et indispensable pour remodeler la France aux canons de l’ultralibéralisme. C’est le droit même de contester qui est ainsi « contesté ». Une porte-parole du gouvernement peut dire strictement n’importe quoi pour justifier le recul de l’âge de départ en retraite comme celle selon lequel accéder à la retraite est mauvais car il provoque des arrêts cardiaques. Et il y a l’autre versant : celui d’une garde des seaux pour qui « l’insulte à une religion est une atteinte à la liberté de conscience » reprenant ainsi les mots de la ligue islamiste mondiale. Or, le droit Français dont elle doit être la garante est l’inverse. Le fondement de la liberté de conscience n’est pas d’interdire la critique ou même l’injure. Il vise à protéger la liberté d’expression. Cette équipe gouvernementale, Président en tête, triture tous les fondements de la république et détourne la laïcité. L’affaire est plus grave qu’il n’y apparait dans le débat public en ce moment.
Ajoutons une sorte de « relativisme » quand le Président, pour des raisons électoralistes, laisse entendre qu’il y aurait un trait d’égalité entre la colonisation en Algérie et la Shoah. Il banalise la Shoah et ses responsables. Il affaiblit la nécessité d’un débat et des actes sur la (ou les colonisations) françaises et leur conséquences pour aujourd’hui. Dans la foulée il aurait déclaré, dans le même avion le ramenant d’Israël, selon un journaliste du Figaro : « Il faut accepter qu’il y a dans notre république aujourd’hui ce que j’appellerai un séparatisme ». Si ce propos est exact c’est grave et inquiétant. S’il n’est pas exact le Président doit démentir.
A côté de cela on apprend que Marion Maréchal Le Pen va tenir un colloque à Rome aux côté de Salvini, Orban et un ultranationaliste israélien sous l’égide d’une fondation Nord-Américaine « Edmund Burke » dédié au développement, je cite, « d’un conservatisme revitalisé à l’ère du nationalisme ».

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

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