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LE GOUVERNEMENT DÉGAINE LE 49.3 SUR LES RETRAITES


Posté par jacques LAUPIES le 29 février 2020

 

 

Edouard Philippe lors d'un déplacement à Bordeaux, le 8 septembre 2019.<br />
 Georges GOBET/AFP

Edouard Philippe lors d’un déplacement à Bordeaux, le 8 septembre 2019. Georges GOBET/AFP
Samedi, 29 Février, 2020

LE GOUVERNEMENT DÉGAINE LE 49.3 SUR LES RETRAITES


Le premier ministre Edouard Philippe a sorti l’arme ultime pour faire passer en force la réforme des retraites, ce samedi 29 février. Les députés ont désormais 24 heures pour déposer une motion de censure du gouvernement s’ils veulent empêcher l’adoption de la réforme. 


 

La réforme des retraites est décidemment l’opération la plus antisociale et la plus antidémocratique de toute l’histoire de la Ve République. Le premier ministre, Édouard Philippe, s’est rendu ce samedi 29 février à l’Assemblée nationale pour brandir devant les députés l’article 49.3 de la Constitution, afin de faire adopter le projet de réforme des retraites sans vote.


« Après en avoir obtenu l’autorisation du conseil des ministres le 29 février, j’ai décidé d’engager la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi instituant un système universel de retraite. Non pour mettre fin aux débats mais pour mettre fin à cet épisode de non-débat », a-t-il lancé dans l’Hémicycle, clôturant l’examen du texte.

Les députés ont à présent 24 heures pour déposer une motion de censure, qui doit être signée par un dixième d’entre eux pour pouvoir être soumise au vote de la représentation nationale dans les 48 heures suivantes.

Les députés PCF, FI et PS ont déjà annoncé qu’ils entendaient déposer une telle motion en cas de recours au 49.3. « Je sais qu’il n’y aucune difficulté avec les autres groupes de gauche pour le dépôt d’une motion de censure, et nous aurons bien évidemment des échanges avec les autres députés », a déclaré André Chassaigne. Le président PCF du groupe GDR a accueilli la décision du premier ministre avec « beaucoup de colère ». « C’est un acte grave.  Les justifications avancées sont absolument scandaleuses », ajoute-t-il. « Je fonce à l’Assemblée. Sur place mes collègues tiennent la tranchée », a également fait savoir le député FI Jean-Luc Mélenchon. Les élus LR envisagent eux aussi de déposer une motion de censure. Enfin, le député Matthieu Orphelin, qui a quitté le groupe LaREM à l’Assemblée, s’est indigné de la décision du gouvernement à travers un communiqué intitulé « Quelle erreur ! ».


La réforme des retraites, dénoncée depuis des mois par l’ensemble des syndicats, combattue à travers une mobilisation sociale historique qui a réunie de très nombreuses professions, est également critiquée par le Medef lui-même, et repoussée par l’opinion publique. Elle a même été étrillée par le Conseil d’Etat, qui dénonce une entreprise lacunaire et insincère. Selon les dernières enquêtes d’opinion, les Français sont défavorables à 72% à tout recours au 49.3 concernant cette réforme. Près de 69% de nos concitoyens sont d’ailleurs favorables à un référendum afin de se prononcer eux-mêmes pour ou contre son adoption. Et 56 % d’entre eux disent vouloir voter contre.


Le texte est examiné en séance à l’Assemblée nationale depuis le 17 février. L’opposition a déposé plus de 41 000 amendements afin de le combattre et de pousser le gouvernement et la majorité à dévoiler la véritable nature de leur réforme rétrograde. Les montants des futures pensions de retraite et les âges de départ qui seront retenus dans le cadre du système à points défendu par l’exécutif n’ont toujours pas été précisés. Tout indique que l’âge de départ sera sans cesse repoussé de générations en générations et que les pensions diminueront pour la grande majorité des Français. Le texte prévoit même une baisse des pensions en cas de baisse du produit intérieur brut.

Le gouvernement a présenté une réforme composée de 29 ordonnances, invitant les députés à lui laisser les mains libres pour faire ce qu’il veut des retraites des Français. En plus de soumettre un texte à trous, en appelant les députés à renoncer à leur rôle d’écriture de la loi, il utilise aujourd’hui le 49-3 pour les empêcher de voter sur l’adoption texte, à travers un coup de force inouï, aussi bien à l’Assemblée nationale qu’en dehors du Parlement.  « C’est un acte antidémocratique pour faire adopter une loi fondamentale qui touche tous les salariés, toutes les générations pour les 50 ans à venir. LaREM, c’est du brutal ! », s’est alarmé Fabien Roussel. Le secrétaire national du PCF vilipende dans son message le recours au 49-3, « arme nucléaire pour tuer un débat parlementaire ».
 De son côté, l’UD CGT Paris a appelé à un rassemblement immédiat devant l’Assemblée nationale, place de la Concorde.

Ce coup de force, quelque soit le résultat à venir, laissera des traces. François Hollande et Manuel Valls ne s’étaient jamais remis du recours au 49.3 pour imposer la loi El Khomri. La Macronie semble en tout cas prête à tout pour détruire notre modèle social solidaire et imposer la règle du chacun pour soit et la domination des plus riches sur les plus modestes

LE GOUVERNEMENT DÉGAINE LE 49.3 SUR LES RETRAITES
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GRAND ECRAN. LA SÉLECTION CINÉMA DE VINCENT OSTRIA

Posté par jacques LAUPIES le 28 février 2020

 

GRAND ECRAN. LA SÉLECTION CINÉMA DE VINCENT OSTRIA dans POLITIQUE
Vendredi, 28 Février, 2020

GRAND ECRAN. LA SÉLECTION CINÉMA DE VINCENT OSTRIA

Lara Jenkins de Jan-Ole Gerster

Mère en rage. Descente en enfer mezzo-voce, ou la croisade d’une sexagénaire en guerre contre la société, qui exorcise ses frustrations en déambulant dans Berlin le jour où son fils, pianiste virtuose, va donner un concert. Ce film très allemand par son sujet (les musiciens classiques) et par son style tendu et dramatique, recèle néanmoins quelques touches subtiles de grotesque et de dérision. A travers ce personnage de mère indigne, le cinéaste épingle la société bourgeoise de son pays, soucieuse des apparences et du qu’en-dira-t’on. La manière outrageuse de Lara Jenkins de mettre les pieds dans le plat et de jouer au jeu de la vérité a une force expressive rare, qui compense l’aspect presque grimaçant de son personnage.

Dark Waters de Todd Haynes

Vilains pollueurs. Jadis Todd Haynes tournait des films provocateurs ou kitsch comme Poison ou Velvet Goldmine. Aujourd’hui, il se retrouve du côté des bien-pensants avec ce film correct, mais impersonnel sur l’action héroïque d’un avocat contre la puissante firme chimique DuPont, accusée d’avoir déversé des dérivés toxiques du Teflon dans un coin de Virginie (et par extension d’avoir contaminé une bonne partie de l’humanité). On ne peut pas nier l’évidence du constat écologique de ce film-dossier, mais on doute de son impact politique.

Le Fils d’un roi de Cheyenne Carron

Restauration. Certains comparent Cheyenne Carron à feu Jean-Claude Brisseau, sans doute à cause de ses maladresses et de ses dérapages. Il y a du Don Quichotte chez cette cinéaste autarcique qui n’en fait qu’à sa tête, pour le meilleur et pour le pire. Ici, son idée directrice ne manque pas d’audace — des ados de banlieue populaire se passionnent pour la royauté, au grand dam de leurs profs républicains. Malheureusement, le sujet est traité très platement, avec un sens de la dramaturgie et une mise en scène qui laissent perplexe.

Mes jours de gloire de Antoine de Barry

Je-m’en-foutisme, le film. Il fallait bien que le gentil Vincent Lacoste devienne le héros d’un film célébrant son aquoibonisme désinvolte. Autrement dit, une comédie flasque sur un puceau parisien de 26 ans inactif et insouciant, que caractérisent son inconsistance et sa fausseté. Un tout petit navet très oubliable.

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Je publie cet article mais ne partage pas tout ce qu’il dit, notamment sur Polanski ! Peu informé sur le déroulement des Césars je me garderai bien d’approuver ce mélange de critiques ! L’art, les egos et le pognon ne feront jamais bon ménage…

Posté par jacques LAUPIES le 28 février 2020

 

1. Une contre cérémonie des césars était organisée par des féministes dès jeudi, à Paris, pour dénoncer le sexisme dans le monde du cinéma.Noémie Coissac/Hans Lucas/AFP2. L’annonce des douze nominations pour J’accuse, de Roman Polanski, accusé de viols, a suscité l’indignation de nombreuses associations féministes. étienne Laurent/EPA/MaxPPP3. Adèle Haenel, première actrice de renom à avoir dénoncé le harcèlement dans le milieu du cinéma français. Aurore Marechal/Abacapress.com

1. Une contre cérémonie des césars était organisée par des féministes dès jeudi, à Paris, pour dénoncer le sexisme dans le monde du cinéma.Noémie Coissac/Hans Lucas/AFP2. L’annonce des douze nominations pour J’accuse, de Roman Polanski, accusé de viols, a suscité l’indignation de nombreuses associations féministes. étienne Laurent/EPA/MaxPPP3. Adèle Haenel, première actrice de renom à avoir dénoncé le harcèlement dans le milieu du cinéma français. Aurore Marechal/Abacapress.com
Vendredi, 28 Février, 2020

CINÉMA. DES CÉSARS AU PARFUM DE SCANDALE

Alors que des rassemblements féministes et syndicaux se dérouleront en marge de la cérémonie, ce vendredi soir, les professionnels espèrent un changement radical de cette institution au fonctionnement opaque.

 

Jamais une cérémonie des césars n’aura été aussi attendue. La 45e édition de la remise des prix du cinéma français s’annonce tendue à l’extérieur comme à l’intérieur de la salle Pleyel (8e arrondissement de Paris), ce vendredi soir. Des collectifs féministes comme #NousToutes et La Barbe appellent à des rassemblements à 18 heures. « C’est aussi une invitation au cinéma français à s’autocritiquer pour vouloir récompenser un fugitif comme Roman Polanski ! » lance Fatima Benomar, membre de #NousToutes. La CGT spectacle invite également à se retrouver sur la place des Ternes. « C’est la fin de l’impunité de Polanski, même s’il n’est pas question de censurer le film. Il a perdu son statut de monstre sacré », estime Denis Gravouil, le secrétaire général de l’organisation syndicale.

Des collages installés aux abords de la salle dans la nuit de lundi à mercredi demandaient l’annulation de l’événement. « Violanski : voulez-vous vraiment vivre dans un monde où un pédocriminel est nominé douze fois aux césars ? » pouvait-on lire sur les murs environnants. La cérémonie des césars à l’image vieillissante serait-elle en train de se transformer en happening féministe ? Pour Iris Brey, docteure en théorie du cinéma, « c’est réjouissant, avant, cela n’intéressait pas grand monde. Tout ce qui se passe lui donne une nouvelle valeur. Cela va raconter quelque chose ».

La direction de l’organisation a fini par démissionner

Car la vénérable institution créée en 1975 par le producteur Georges Cravenne a été secouée ces dernières semaines par une succession de crises graves. Les douze nominations de Roman Polanski pour le film   J’accuse, qui a réalisé plus d’un million d’entrées en France, ont mis le feu aux poudres fin janvier. La coïncidence entre le nombre de nominations et les douze femmes accusant le réalisateur franco-polonais d’agressions sexuelles a achevé de scandaliser, deux ans après les mouvements de prise de parole de femmes victimes : #MeToo, Time’s Up ou encore BalanceTonPorc. Si le réalisateur a finalement décidé, jeudi, de ne pas se rendre à la remise des prix, le déroulement de la soirée s’annonce agité. Entre-temps, l’Académie des césars a elle aussi implosé. Le refus de laisser Virginie Despentes et Claire Denis marrainer un jeune talent lors de la cérémonie des Révélations des césars avait déjà allumé une étincelle mi-janvier. Sous le feu des critiques, Alain Terzian, président depuis 2003 de l’Association pour la promotion du cinéma (APC), qui régit les césars, pointé du doigt pour sa gestion autoritaire, avait été contraint de lever un coin du voile sur le fonctionnement. On a alors appris que, sur les 4 700 votants aux césars, seuls 35 % sont des femmes, tout comme 17 % des 47 membres du conseil d’administration… Sentant le vent du boulet, il promet de mettre en place la parité. Bien trop tard. La fronde latente n’a cessé de s’amplifier, avec en point d’orgue une tribune publiée le 10 février dans le Monde. Signé par plus de 400 personnalités du cinéma, dont Jacques Audiard, Omar Sy et Céline Sciamma, le texte accusait l’Académie d’entre-soi et d’opacité, et exigeait « une réforme en profondeur ». La direction de l’organisation a fini par démissionner le 13 février.

« Tout le monde a des anecdotes sur Alain Terzian. Si tu voulais une place aux césars, il fallait aller le voir, explique Denis Gravouil. Il y a un côté sclérosé de ce monde-là, une surreprésentation des producteurs, des acteurs connus, d’hommes blancs de plus de 50 ans habitant dans l’Ouest parisien, pas de techniciens, peu de personnes de milieux populaires. Plein de questions se posent : c’est quoi leur légitimité ? Combien de temps les membres de l’Académie peuvent-ils y rester après leur retraite ? Pour imposer cette parité ho mmes-femmes et la diversité, les syndicats d’employeurs et de salariés peuvent servir de médiateurs. »

Nicolas Philibert, réalisateur entre autres d’ Être et Avoir, n’a pas hésité à apposer son nom en bas de la fameuse tribune. « Il faut que cette structure soit plus ouverte, que les membres du conseil d’administration ne soit plus cooptés. Beaucoup de gens se demandent comment ça marche depuis longtemps, comment décide-t-on d’attribuer les césars d’honneur, par exemple ? »

Pour la comédienne Corinne Masiero, le plus grave est « de ne pas savoir ce que devient l’argent de l’Académie. Pour être membre, il faut payer 90 euros par an. Pour éditer le coffret DVD des césars (envoyé aux votants), on fait casquer 7 000 euros au producteur ». Pour elle, la cérémonie est l’occasion « d’ouvrir les bouches en grand, de boycotter, de putscher et demander la transparence totale. (Elle est) pour la mise en place de quotas de femmes ».

« Les nouvelles générations d’acteurs doivent être représentées »

La productrice Margaret Menegoz, 78 ans, a pris, provisoirement la tête des césars cette semaine. Le chantier s’annonce bien vaste. Le 20 avril, se tiendra une assemblée générale extraordinaire des membres d’APC au cours de laquelle seront adoptés de nouveaux statuts, élaborés par le Centre national du cinéma en lien avec la profession. Un élargissement du nombre de membres de l’association et une diversité du recrutement sont attendus. Une deuxième assemblée générale sera convoquée d’ici l’été, pour élire un nouveau conseil d’administration chargé de réformer le collège électoral.

« Les votants pourraient nommer directement les membres du conseil d’administration », imagine Sarah Chazelle, cofondatrice du distributeur Jour2Fête et membre du collectif 50/50 qui se bat pour l’égalité dans l’industrie du cinéma.  « Nous avons un cinéma en mouvement, qui s’ouvre à des catégories moins visibles, poursuit-elle. Les césars doivent se faire l’écho de ça. Les nouvelles générations d’acteurs, de comédiens doivent être représentées. » Le collectif organise, le 4 mars, les premiers états généraux contre le harcèlement et les violences sexuels. Sarah Chazelle attend désormais que « chaque maillon de la chaîne du cinéma reflète ces évolutions. Au sein du Syndicat des distributeurs indépendants (SDI), nous avons, par exemple, une charte pour l’égalité ».

Sans la déflagration Adèle Haenel, qui avait révélé en novembre 2019 avoir subi, adolescente, des « attouchements répétés » de la part du réalisateur Christophe Ruggia, il n’y aurait pas eu de coup de pied dans la fourmilière du 7e art. Alors que le producteur déchu Harvey Weinstein a été reconnu coupable d’agression sexuelle et de viol la semaine passée, la veille, la comédienne avait estimé que la France avait « complètement raté le coche de #MeToo », comme semble le prouver tout ce qui pose problème dans cette 45e édition. « Cette cérémonie est binaire dans le genre. Ces prix valident le fait que les réalisateurs sont des hommes et la jeune première, la femme, déplore Fatima Benomar. Il y a la catégorie “meilleure actrice”, mais pas celle de “meilleure réalisatrice”. »

Ces douze nominations sont une insulte

Laetitia Ohnona, réalisatrice du documentaire Elle l’a bien cherché, sur le système judicaire face au viol, estime qu’ « il y a eu un effet #MeToo, mais il va lentement, au rythme de la société dans son ensemble. On est face à une profession qui essaie de s’autoprotéger. Ces douze nominations sont une insulte, sans vouloir stigmatiser les équipes qui ont travaillé sur ce film ».

Alors que le collectif #NousToutes organise, vendredi soir, une remise des prix alternatifs visant à dénoncer l’impunité des agresseurs dans le 7e art et au-delà, comme « l’écrivain » Gabriel Matzneff, Fatima Benomar remet les choses en place. « Le cinéma peut porter une vision du monde engagée. Le problème, c’est plutôt le star-system qui permet ces violences sexuelles et glorifie les coupables. »

Cécile Rousseau
Je publie cet article mais ne partage pas tout ce qu'il dit, notamment sur Polanski ! Peu informé sur le déroulement des Césars je me garderai bien d'approuver ce mélange de critiques ! L'art, les egos et le pognon ne feront jamais bon ménage... dans POLITIQUE

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La recherche du travail pas cher finit par nous coûter très cher ! Et il n’y a pas que le virus pour nous rappeler à l’ordre…Enfin rappeler à l’ordre le monde du capital pour le profit maximum ! Notre industrie et notre agriculture en crèveront si on ne raisonne pas différemment.

Posté par jacques LAUPIES le 27 février 2020

La recherche du travail pas cher finit par nous coûter très cher ! Et il n'y a pas que le virus pour nous rappeler à l'ordre...Enfin rappeler à l'ordre le monde du capital pour le profit maximum ! Notre industrie et notre agriculture en crèveront si on ne raisonne pas différemment. dans POLITIQUE

 

PESTICIDES. LA FRANCE ACCRO AUX PHYTOS ? CINQ PISTES POUR EN SORTIR

Jeudi, 27 Février, 2020
Au Salon de l’agriculture, qui se tient jusqu’à dimanche, le sujet provoque des remous. Après l’échec des plans de réduction, les distances d’épandage autour des habitations provoquent la colère. Comment en finir avec la chimie et amorcer la transition ?
 
Au stand du syndicat majoritaire, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), on a beau chercher une conférence sur la sortie des produits phytosanitaires comme les appelle l’agro-industrie : rien. On y trouve en revanche « Le lancement de la campagne des protections individuelles des phytos ». Certes, le sujet est délicat et difficile à résoudre : « On ne peut pas dire aux agriculteurs : “Produisez beaucoup et pas cher”, avec des pratiques de plus en plus complexes, en leur enlevant les produits phytosanitaires », prévient d’emblée un producteur de céréales. Et pour cause ! Cela signifie rompre avec soixante ans de pratiques d’un système agricole qui fait de ces produits une arme de compétitivité et enferme les paysans dans des voies sans issue. Après douze ans de plans visant à en réduire l’utilisation, celle-ci a grimpé de 25 % entre 2009 et 2018. Massivement utilisés depuis la Seconde Guerre mondiale, herbicides, insecticides et fongicides permettent certes de lutter contre les maladies, plantes concurrentes ou ravageurs des cultures, mais à quel prix ? « À force, on a détruit les sols et la biodiversité », explique Jean-Marie Le Boiteux, professeur de biologie-écologie dans l’enseignement agricole.

1 Réorienter les aides

La politique agricole commune (PAC) a rempli sa mission fixée dès 1962 : nourrir la population européenne. Mais « elle a soutenu la productivité des systèmes en remplaçant le travail humain par la mécanisation et les intrants chimiques », explique Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, dont le syndicat propose « d’interdire les aides publiques à l’agriculture industrielle ». De fait, la PAC, 38 % du budget européen, a favorisé la concentration des exploitations : sur les 9 milliards d’euros alloués à la France tous les ans, deux tiers sont des aides à l’hectare. Cela a fortement incité à l’agrandissement, à la concentration des exploitations. « En même temps qu’on intensifiait et spécialisait les territoires, on a dû simplifier, l’emploi de la chimie a été une solution », continue Thibault Leroux, chargé de mission agriculture à France Nature Environnement (FNE). Une des clés serait donc de réorienter les aides de la PAC. Pour commencer, on pourrait « plafonner les primes pour mieux financer une agriculture moins industrielle », abonde Pierre Thomas, le président du Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux). La plateforme Pour une autre Paac (politique agricole et alimentaire commune européenne), qui regroupe près de 40 organisations, propose de consacrer au moins 50 % du budget de la prochaine PAC (2021-2027) au maintien et au développement réel de systèmes agroécologiques. « Tant que l’on ne soutient pas un système qui va dans ce sens, on sera bloqué », conclut Thibault Leroux.

2 Assurer un revenu décent aux paysans

« Quand on a la tête dans le guidon, impossible d’envisager l’avenir et d’imaginer une agriculture sans chimie », lâche Pierre Thomas, le président du Modef. Selon l’Insee, 22 % des agriculteurs vivaient en 2016 sous le seuil de pauvreté, fixé à 1 026 euros par mois. Un sur trois doit se contenter de moins de 350 euros par mois. Où va l’argent ? « Aux vendeurs de pesticides, aux industries de transformation et à la grande distribution », énumère l’éleveur de bovins bio dans l’Allier. Changer de système de production permettrait d’inverser cette tendance. « C’est complexe, il faut tout repenser », explique Jean-Marie Le Boiteux, secrétaire général du Snetap-FSU (Syndicat national de l’enseignement technique agricole public). Ainsi, on pourrait « rémunérer les paysans en fonction de l’effort écologique consenti », propose le collectif Pour une autre PAC. Tout comme il est urgent de fixer des prix rémunérateurs. L’État, là, doit jouer son rôle. « Sauf qu’il n’y a pas de réelle volonté politique », dénonce Nicolas Girod. Il faudrait d’autant plus assurer un revenu « qu’on ne peut imaginer la sortie des pesticides sans augmenter le nombre d’actifs ». De fait, l’agriculture a subi un plan social massif : en 2018, selon les derniers chiffres de la Mutualité sociale agricole, il y avait 448 500 chefs d’exploitation, contre 513 600 dix ans plus tôt. Et 1,1 million en 1988.

3 Changer les pratiques vers l’agroécologie

Sur le plan agronomique, « beaucoup de techniques sont déjà connues depuis très longtemps, mais pas forcément simples », reconnaît Pierre Thomas. Cela passe notamment par la réintégration des pratiques agroécologiques. À chaque terroir, à chaque production, ses solutions. D’abord, « il faudrait allonger les rotations de culture et les diversifier », explique Thibault Leroux, de la FNE. Ce qui permet de limiter le retour des maladies. En clair, il faut en finir avec la spécialisation, celle des grandes cultures (maïs, blé, colza) dans le bassin parisien et de l’élevage (porc, lait) dans l’Ouest. Il faudrait aussi parvenir à mettre en place des prairies temporaires et incorporer des légumineuses comme les luzernes pour nourrir les animaux. Ce qui éviterait des importations de soja OGM d’Argentine, du Brésil ou des États-Unis. « À chaque terroir, des solutions locales, adaptées », prône le militant. Dans le Sud, par exemple, des variétés moins gourmandes en eau. Ou plus résilientes. Cela suppose aussi d’ « investir massivement dans la recherche agronomique », pointe Pierre Thomas.

4  Enseigner autrement l’agriculture

C’est dans les 200 lycées publics agricoles que se joue l’avenir des paysans et de nos assiettes : « Il faut montrer comment il est possible de produire autrement », revendique Jean-Marie Le Boiteux. Si l’agroécologie est entrée dans ces lycées agricoles en 2014, « elle reste une option parmi d’autres. Il faudrait que les programmes entiers soient construits autour de cet objectif de transformation ». Il le reconnaît : « C’est bien plus compliqué que quand on donnait une recette à suivre. Là, il faut transmettre une manière de raisonner globalement. » Difficile à faire passer depuis que la seule FNSEA siège aux commissions professionnelles consultatives – auparavant tripartite – chargées de définir les programmes. « C’est quand même un élément essentiel de blocage. » Enfin, pour l’enseignant, « les exploitations des lycées agricoles doivent servir de lieux d’expérimentation d’agroécologie. L’État doit les financer ».

5Partager et protéger le foncier

Alors qu’un tiers des agriculteurs partira à la retraite d’ici dix ans, « il faut installer plus de jeunes, en redistribuant une partie des terres pour que les exploitations soient moins concentrées », revendique Pierre Thomas. Le système d’accès aux terres est complexe. « Au départ d’un exploitant, la priorité va souvent à l’agrandissement d’autres », explique Max Schaffer, le directeur d’Optim-ism, une association qui promeut le bio et l’installation en Bretagne. L’échange de foncier agricole se fait via des commissions, et notamment les Safer, dans chaque département. « Les seuils ont été relevés. Il y a donc une partie d’échanges de fonciers qui n’est plus contrôlée, mais seulement soumise à déclaration », dénonce Nicolas Girod, qui, avec le Modef et les Jeunes agriculteurs, demande une nouvelle loi foncière pour « partager et protéger la terre ». L’enjeu est d’autant plus grand que les terres agricoles disparaissent à vitesse grand V : 20 000 hectares sont artificialisés chaque année, selon un rapport de France Stratégie de 2019. Une autre partie est en friche. « L’enfrichement est au moins autant responsable de la perte de terres agricoles que le phénomène d’artificialisation », concluait un rapport parlementaire sur le foncier de décembre 2018. Des friches qui pourraient être remises en culture sans pesticides.

Pia de Quatrebarbes
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Retraites : pour un référendum…

Posté par jacques LAUPIES le 26 février 2020

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