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Les menteurs ne sont pas payeurs

Posté par jacques LAUPIES le 29 décembre 2019

 

Les menteurs ne sont pas payeurs

Posté par jacques LAUPIES le 29 décembre 2019

Les menteurs ne sont pas payeurs 

 
 

NIVEAU DE VIE. PAR POINTS OU NON, LA RÉFORME N’ÉPARGNE PERSONNE

Vendredi, 27 Décembre, 2019

Si le passage à la retraite à points frapperait les plus jeunes, les autres seraient aussi touchés par le projet du gouvernement. Ce dernier exige de réaliser 30 milliards d’euros d’économies d’ici à 2030, qui se concentreront sur les personnes nées entre 1960 et 1975.

 

Vous pensiez être épargné par la réforme des retraites, car le passage au système à points ne vous concerne pas ? C’était sans compter la mise en place de l’âge pivot, la solution privilégiée par l’exécutif pour couper dans les dépenses. Parmi les grands enfumages du gouvernement, affirmer que les personnes nées avant 1975 ne seront pas concernées peut tenir la palme. Le premier ministre a ainsi affirmé sa volonté de mettre en place des « mesures d’équilibre » avant la généralisation du système à points (en 2037), lesquelles toucheront les personnes nées entre 1960 et 1975. En se basant sur les prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR), il entend réaliser 30 milliards d’économies à l’horizon 2030 à leurs dépens.

Un système de bonus/malus

« Voilà encore une preuve que le débat démocratique n’est pas clair du tout. Le gouvernement tente de faire croire aux gens qu’ils ne sont pas concernés par la retraite en refusant de donner des clés concrètes de compréhension, et ce, alors qu’une grève d’ampleur est en cours », dénonce Agathe, porte-parole de Nos retraites. Ce collectif citoyen vient de publier un rapport édifiant, dédié aux conséquences que la réforme aura sur les actifs nés avant 1975. La mesure qui a été présentée mercredi 11 décembre par Édouard Philippe vise à instaurer un âge pivot, aussi appelé « âge d’équilibre », à 64 ans. Son principe est d’inciter à partir plus tardivement en pénalisant les départs à 62 ans, et ce, quelle que soit la durée de cotisation, via un système de bonus/malus.

Le rapport du COR précise les contours d’une telle mesure, sous le nom d’ « âge minimal du taux plein ». C’est, parmi tous les scénarios possibles, celui que le gouvernement entend mettre en place progressivement, dès 2022, trimestre par trimestre, jusqu’en 2027. Le vice a été poussé jusqu’à demander aux syndicats de statuer eux-mêmes sur la progressivité de la mesure et des bonus/malus, alors que tous y sont fermement opposés. En moyenne, il faudra repousser l’âge de départ à la retraite de quatre mois par an entre 2022 et 2027. « Même mise en place sur cinq ans, la violence sociale de la mesure sera réelle. Il faudra travailler plus longtemps, sous peine de subir une perte sèche de la pension », assure Agathe. « Plus des deux tiers des personnes nées entre 1960 et 1975 seraient ainsi concernées : elles verraient leur décote s’aggraver ou leur surcote diminuer », a calculé le rapport.

Selon les cas types présentés par le collectif Nos retraites, il leur faudrait travailler de cinq à huit trimestres supplémentaires, sous peine de voir le montant de leur pension baisser de près de 10 %. Seules les personnes qui, à l’âge d’équilibre, n’atteignent pas encore le nombre de trimestres donnant droit à un taux plein, ou celles qui devaient déjà partir à la retraite à 67 ans, ne subiraient pas les effets négatifs de cette mesure. « La mise en place d’un âge pivot pénaliserait en outre les personnes disposant d’un petit salaire de référence (la moyenn e des salaires des vingt-cinq meilleures années – NDLR) et d’une carrière longue (à temps partiel par exemple), qui devront attendre non seulement une carrière complète, mais également l’âge de 64 ans pour bénéficier des minima de pension », poursuit le rapport.

Un étau d’austérité

Et puis la froide réalité des chiffres doit se confronter au vivant. À l’espérance de vie en bonne santé qui plafonne à 63 ans. Au fait qu’à peine un senior sur deux est encore en emploi lorsqu’il part à la retraite. « À partir d’un certain âge, on n’est plus les bienvenus dans les entreprises, on est poussés vers la sortie, remarque Agathe. Il faut réaliser que ceux qui sont partis dans des dispositifs de préretraite, comptant sur une indemnité et deux années de chômage, risquent de se retrouver aux minima sociaux, car, avec la mise en place de l’âge pivot, ils devront travailler six mois, voire un an de plus que ce qu’ils avaient calculé. Cela va générer toujours plus de précarité. »

Cet étau d’austérité qui entend corseter le système de retraite restera si la réforme passe. Par points ou non, tout le monde est concerné. C’était le but avoué de la commande passée par Matignon au COR, l’été dernier, de calculer « la contribution que pourrait apporter chacun des trois leviers que sont le montant de la pension moyenne, l’âge moyen de départ à la retraite et le taux de prélèvement, au redressement de l’équilibre financier en 2025 », dit l’ordre de mission. Le conseil a dû y répondre, tout en modérant ses propres conclusions : « Le fait que le système de retraite présente un déficit en 2025 n’implique pas nécessairement pour tous les membres du COR que celui-ci doive être résorbé à cette échéance par des mesures d’économies. De même, le fait que ce rapport présente l’impact chiffré de potentielles mesures ne signifie pas que celles-ci soient considérées comme opportunes par tous. »

Le COR n’avait pourtant pas oublié de rappeler que les réserves constituées au sein des régimes de retraite s’élevaient, au 31 décembre 2017, à 136,9 milliards d’euros. Mais aussi que la dette sociale, qui sera remboursée en 2025, dégagera 16 milliards d’euros par an pour les caisses de la Sécurité sociale. Deux autres scénarios ont été écartés d’emblée par l’exécutif. La hausse des cotisations – ou la fin des exonérations de cotisations patronales accordées ces dernières années – fâcherait trop les amis du pouvoir. Une désindexation des pensions aurait engendré immédiatement trop de précarité et de colère. Restaient donc les mesures d’âge.

Pierric Marissal
LES SCÉNARIOS ALTERNATIFS DU COR

Si l’âge pivot est la solution privilégiée par le gouvernement, deux autres mesures d’âge étaient envisagées par le Conseil d’orientation des retraites pour répondre à la mission d’économiser 30 milliards d’ici à 2030. Passer à 44,5 années de cotisations pour une personne née en 1965 – deux ans et trois mois de plus que prévu actuellement – ou reculer l’âge minimal de départ à la retraite, et la fixer à 63 ans et quatre mois. Deux scenarii que les « partenaires sociaux » ont loisir de discuter, mais rejettent en bloc. Selon les calculs de Nos retraites, l’augmentation du nombre de trimestres cotisés serait encore plus pénalisante : – 14 % de pension pour un salarié né en 1965 et voulant partir à 62 ans, après 42 années de carrière. En outre, plus des trois quarts des retraités ont arrêté de travailler avant 63 ans.

 

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Du populisme avec les moeurs ?

Posté par jacques LAUPIES le 29 décembre 2019

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Et la beauté…

Par ces temps où l’on fait feu tout bois avec les problèmes sexuels et où les censeurs éclairés côtoient les censeurs névrosés surgit une « affaire » qui certes pose aux politiques la question du règlement par la loi de tout ce qui se passe dans les comportements sexuels. En particulier quand  le rapport de l’adulte à l’adolescent mais aussi, on l’a vu récemment les rapports d’adulte à adulte sont concernés.

L’agression ou la séduction ? La maturité ou son contraire ? Que de choses à dire  que seul l’écrivain peut aborder sans trop de risques sauf celui d’être critiqué tout comme le philosophe même l’artiste. Mais direz vous il y a pour nous éclairer le scientifique, la ou le  médecin, la ou le psychiatre voire le ou la psychanalyste. Encore faudrait-il qu’ils  soient d’accord entre eux. Et nous pourrions parier que ce ne sera pas le cas !  Surtout si ces braves gens osent surmonter la vague sexuelle de notre époque ou le puritanisme et la pornographie se font la pige et où prospèrent les profits qui en découlent.

C’est sans doute ce qui conduit certains journalistes  à courir après les affaires sordides et sensationnelles qui  meublent les journaux (télévisés ou écrits) en appelant aux témoignages bien encadrés des criminels autant que des victimes, ici ou là, pour garnir leurs infos et surtout, ce qui est moins ragoutant, faire diversion avec le public  de petit esprit.

Bref appelons cela faire du « populisme avec les mœurs » ! 

 

INTERESSANT MÊME SI ON NE SE MOUILLE PAS TROP : paru dans l’Huma !

L'écrivain Gabriel Matzneff.   Crédit : Jean-Paul GUILLOTEAU/EXPRESS-REA

L’écrivain Gabriel Matzneff. Crédit : Jean-Paul GUILLOTEAU/EXPRESS-REA
Jean-Paul GUILLOTEAU/EXPRESS-REA

GABRIEL MATZNEFF : IL PRÉFÉRAIT « LES MOINS DE 16 ANS »

Vendredi, 27 Décembre, 2019

Dans Le Consentement, qui sort le 2 janvier chez Grasset, Vanessa Springora, aujourd’hui directrice des éditions Julliard, raconte une relation d’emprise entre « VS » (elle) et « GM » (l’écrivain Gabriel Matzneff). Elle a 13 ans, l’écrivain 50. L’affaire crée une secousse dans le monde littéraire… et médiatique.

 

Il lui a fallu trente-quatre ans pour écrire ce livre. Dans Le Consentement (éditions Grasset), Vanessa Springora, 47 ans, aujourd’hui directrice des éditions Julliard, raconte l’emprise, la séduction d’un homme de 50 ans sur la jeune fille qu’elle était. En 1985, elle a 14 ans lorsqu’elle rencontre Gabriel Matzneff, un écrivain alors en vue« À quatorze ans, on n’est pas censée être attendue par un homme de cinquante ans à la sortie de son collège, on n’est pas supposée vivre à l’hôtel avec lui, ni se retrouver dans son lit, sa verge dans la bouche à l’heure du goûter(…) De cette anormalité, j’ai fait en quelque sorte ma nouvelle identité. À l’inverse, quand personne ne s’étonne de ma situation, j’ai tout de même l’intuition que le monde autour de moi ne tourne pas rond », selon les extraits rapportés par L’Obs.

Cette relation durera un an. « G. a fait profession de n’avoir de relations sexuelles qu’avec des filles vierges ou des garçons à peine pubères pour en retracer le récit dans ses livres », rapporte encore l’hebdomadaire.

La société change, pas Matzneff

En 1985, l’écrivain est déjà reconnu. Encensé par la critique littéraire comme un libertaire, transgressif, libre. Il publie beaucoup, donne des interviews. Dix ans plus tôt, il a écrit Les moins de 16 ans. Une œuvre de fiction ? Dans ce pamphlet, il parle de « l’extrême jeunesse, celle qui va de la dixième à la seizième année » comme du « véritable troisième sexe ». En septembre 1975, sur le plateau d’Apostrophes sur Antenne 2, il revendique cette « obsession pour les moins de 16 ans ». « C’est une de mes idées fixes, une de mes attaches ». « C’est un livre sur l’amour », continue-t-il. Plus tard, Bernard Pivot interroge les invités : « Est-ce que vous avez été choqué par le livre ? ». Une professeure de lycée parle « d’attentat à la dignité de l’enfant » et un universitaire demande à l’écrivain, à propos « des petits garçons qu’il drague » : « Vous les avez peut-être traumatisés pour la vie ? » Matzneff répond : « Je vous dirais qu’il y a beaucoup d’autres façons de pourrir un gosse que de coucher avec »

Le Code pénal punit déjà « l’amour » avec les moins de 15 ans. Mais au milieu des années 1970, les intellectuels français veulent dépénaliser les relations sexuelles avec les mineurs. En janvier 1977, une lettre ouverte demande ainsi la relaxe de trois hommes incarcérés, accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des jeunes filles et garçons de 13 ans et 14 ans.  

Quinze ans plus tard, en 1990, la société a commencé à changer. Mais Mazneff, pas tellement. Chez Apostrophes encore, Bernard Pivot, lui demande : « Pourquoi vous êtes-vous spécialisées dans les lycéennes et les minettes ? Au-dessus de 20 ans, on voit que ça ne vous intéresse plus ? »  Il répond, entre autres : « Je préfère avoir dans ma vie des gens qui ne sont pas encore durcis, qui sont plus gentils. Une fille très, très jeune est plutôt plus gentille ». Le ton est enjoué, on entend des rires. L’INA a ressorti ces images :

 

Seule une femme, Denise Bombarbier, ose s’y attaquer. Pour la chroniqueuse et romancière québécoise, « dans ce pays, la littérature sert d’alibi à ce genre de chose. (…) M. Matzneff nous raconte qu’il sodomise des filles de 14 ans ». Elle rapportera à France Inter s’être fait insulter et boycotter pendant des années après cette intervention.

Gabriel Matzneff a peu a peu disparu des plateaux. En 2013, il reçoit encore le prix Renaudot dans la catégorie Essais. Il a 83 ans. Il n’a pas répondu à l’AFP. Sur le site de L’Obs, il se dit « attristé par ce livre ». Personne jusque-là, aucune de ses victimes, n’avait pris la parole. Vanessa Springora a eu le courage de le faire.

L’affaire interroge surtout la société. Bernard Pivot estime sur Twitter : « Dans les années 1970 et 1980, la littérature passait avant la morale ; aujourd’hui, la morale passe avant la littérature. Moralement, c’est un progrès. Nous sommes plus ou moins les produits intellectuels et moraux d’un pays et, surtout, d’une époque ».

Le Consentement pose aussi cette question : un enfant peut-il être consentant ? A quel âge commence-t-il à l’être ? Le gouvernement a refusé l’année dernière d’instaurer « une présomption de non consentement », qui considérerait comme un viol toute pénétration sur un mineur de moins de 15 ans. 

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