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Tout un programme pour une autre société car celle dans laquelle nous vivons nous conduit à une mort lente !

Posté par jacques LAUPIES le 23 décembre 2019

 

Au lieu de nous faire un cinéma incroyable sur le caractère d’une réforme qui serait soi disant  empreinte de justice sociale et qui en fait, globalement vise à réduire  la rémunération de la part travail au bénéfice du capital, les représentants politiques de ce dernier au pouvoir  acceptaient, catégorie par catégorie d’examiner comment rétablir l’égalité avec le système actuel, des discussions pourraient s’engager.

Mais preuve de leur mauvaise foi, les représentants de la classe dominante et de ces quelques parasites qui gravitent autour d’elle, s’y refusent. Tout simplement parce su’ils veulent se tailler la meilleure part des richesses produites.

Fixer le minimum accordé à tout travailleur par exemple à la valeur du SMIC (retraité ou non) réglerait la situation de précarité des commerçants, artisans, agriculteurs, des étudiants, des femmes ou hommes ayant élevé des enfants. Fixer l’âge de départ à 60 ans tout en examinant les questions relatives à la pénibilité du travail répondrait à ce besoin de faire du retraité un individu capable de se consacrer à de multiples activités sociales selon ses désirs sans pour autant avoir d’obligations et en disposant une liberté totale d’utiliser un temps libre garanti.

Cela aurait un coût certes que pourrait largement couvrir les cotisations sociales prélevées à la source en fonction des revenus salariaux, des revenus  issus de la rente et des revenus issus des dividendes.

Bien entendu il n’est pas question de priver ceux qui ont une carrière pleine dans une ou plusieurs entreprises de pensions de retraites conforme à leurs revenus salariaux obtenus tout au long de leur vie professionnelle.

Bien sur l’état doit faire en sorte que  soit mis en place une politique de logement, d’aide aux familles, de transport, de santé (offre de soins) d’éducation, de fourniture d’énergie, d’accès à la communication pour lesquels les investissements nécessaires doivent être réalisés ! 

Cela comme c’est le cas de tout ce qui est régalien doit reposer sur l’impôt prélevé en fonction du revenu de chaque citoyen et des bénéfices des entreprises et doit aussi s’inscrire dans des choix de production régulés en fonction des vrais besoins de consommation.

Tout un programme pour une autre société car celle dans laquelle nous vivons  nous conduit à une mort lente ! 

 

 

Avec un pouvoir d’achat se réduisant comme peau de chagrin, de plus en plus de retraités se privent et comptent chaque euro. Magali Cohen/Hans Lucas

Avec un pouvoir d’achat se réduisant comme peau de chagrin, de plus en plus de retraités se privent et comptent chaque euro. Magali Cohen/Hans Lucas
 

RETRAITES. « MONSIEUR MACRON, ESSAYEZ DE VIVRE AVEC 1 000 EUROS PAR MOIS ! »

Loin de susciter l’enthousiasme escompté et de calmer la colère de la rue, l’annonce d’une retraite plancher attise la colère de ceux qui, d’ores et déjà – surtout s’ils sont malades ou dépendants –, peinent à survivre avec un si faible revenu.

 

Qualifiée de « conquête » et même de « révolution sociale » par le premier ministre, la promesse de porter à 1 000 euros net le montant minimum des retraites ne suscite pas l’enthousiasme escompté. Et pour cause ! Seuls pourront y prétendre celles et ceux ayant accompli une carrière complète au Smic et qui auront validé un minimum de 167 trimestres en 2022… Outre le caractère marginal et peu novateur de cette annonce (lire ci-contre et page 7), c’est surtout le fait de considérer possible, voire désirable, de vivre dignement avec si peu qui révolte les retraités. « Mille euros, quand on a travaillé toute sa vie, ce n’est même pas une aumône », s’insurge Patrick, 66 ans. À la retraite depuis cinq ans, ce Parisien qui a terminé sa vie professionnelle en tant que psychologue ne touche que 980 euros par mois, « à cause d’une carrière fragmentée ». C’est sa fille, propriétaire, qui l’héberge dans un studio. Charges déduites, l’homme, qui doit rembourser 400 euros mensuels de crédits bancaires, dispose de « moins de 10 euros par jour ». Autant dire qu’il ne fait aucun excès, ne sort jamais et passera un Noël « frugal et solitaire ». « Je ne préfère pas aller voir la famille, car je n’ai pas les moyens de faire des cadeaux », soupire-t-il. Pour lui, maintenir le niveau des retraites à des niveaux aussi bas, « c’est une incitation claire à se tourner vers l’assurance privée ou l’investissement immobilier… La “révolution”, s’il y en a une, c’est la mort de la solidarité nationale ! ».

L’isolement des retraités « cloîtrés chez eux », sans perspectives

Des retraités précaires, Anne Desfontaines, la responsable de l’accueil des seniors au Secours populaire (SPF), en rencontre tous les jours : « En 2019, à Paris, 547 personnes ont sollicité une aide alimentaire chez nous, un nombre qui s’accroît d’année en année. » Il y a une décennie, les plus de 60 ans qui faisaient appel au Secours populaire étaient souvent SDF. Mais, « aujourd’hui, ceux qui touchent une petite retraite ont tellement de mal à joindre les deux bouts qu’ils mettent leur fierté de côté pour venir nous voir. C’est souvent lors des sorties culturelles ou du repas de fin d’année que nous découvrons des situations alarmantes », précise Mauricette, bénévole au SPF, elle-même retraitée. À 70 ans, cette ex-salariée de la Sécu vit seule depuis son divorce, dans un petit deux-pièces qu’elle loue 650 euros par mois (aides déduites). « Du coup, je compte chaque euro », confie-t-elle.

À Nice, René, retraité de la SNCF et responsables des Restos du cœur dans les Alpes-Maritimes, fait le même constat : « 10 % de nos bénéficiaires sont retraités, un chiffre qui explose depuis deux ans. Et je ne parle pas de ceux qui ne viennent pas nous voir, mais que l’on rencontre lors de nos maraudes, en train de faire les poubelles à partir du 20 du mois », déplore le bénévole. Qui insiste sur l’isolement des retraités « cloîtrés chez eux », sans perspectives : « Un jeune au RSA peut se dire qu’avec le temps, il trouvera du boulot et pourra s’en sortir. Mais le retraité de 70 ans avec 1 000 euros, quel moyen a-t-il d’améliorer sa situation ? Je vois des “papys trafic”, ces anciens plombiers ou maçons qui proposent leurs services non déclarés à des prix défiant toute concurrence… »

L’espérance de vie en bonne santé en dessous de l’age pivot

Nombre de personnes âgées sont effectivement obligées d’exercer un emploi complémentaire pour s’en sortir. Mais, pour ça, encore faut-il qu’elles soient assez en forme… En France, en 2018, l’espérance de vie en bonne santé était de 64 ans et demi pour les femmes et un peu plus de 63 ans pour les hommes. Soit en moyenne en dessous de l’âge pivot (64 ans) que tente d’imposer l’exécutif. Et parfois les problèmes de santé commencent bien avant la retraite : Marie-Thé, 62 ans, retraitée depuis juillet, a travaillé dans plusieurs secteurs, avant d’être déclarée en invalidité à 80 % en 2001. « Je percevais une pension d’autonomie qu’on m’a retirée lorsque j’ai pris ma retraite. Je ne touche aujourd’hui que 1 003 euros par mois. Une fois le loyer et les charges payés, pour manger, je joue sur le découvert. Mais, quand je le dépasse, la banque me prend des pénalités. C’est un cercle vicieux », explique cette femme qui partage un appartement en colocation. « Aujourd’hui, je suis toujours sous traitement après avoir subi une ablation de la thyroïde, et on m’a diagnostiqué un cancer de la vessie. Le médecin m’a prescrit des probiotiques que je dois prendre après chaque chimio, mais la boîte coûte 30 euros, non remboursés, que je ne peux pas payer. Quand on est pauvre et malade dans ce pays, on n’a plus qu’à mourir ! » soupire celle qui a passé le dernier réveillon sur un rond-point avec les gilets jaunes.

Son cas n’est hélas pas isolé : Pierre, 62 ans, retraité depuis février et atteint d’une tumeur à la gorge, doit sa santé à la mutuelle de son épouse, ex-salariée de la Macif. « Sans cela, je n’aurais pas pu être soigné, car je n’ai que 800 euros de retraite, à cause de mes périodes de chômage », témoigne cet habitant de Dammarie (Eure-et-Loir), qui a travaillé pour une grande entreprise de transport, fermée en 2001, puis en intérim. « Depuis 2001, on n’est pas parti en vacances. Pour améliorer l’ordinaire, je fais pousser des légumes dans le jardin. Je bricole aussi, et j’ai pu agrandir notre maison grâce à des matériaux donnés par mon fils qui travaille dans le bâtiment », raconte ce père de famille qui préférerait sans doute que la solidarité générationnelle s’effectue dans l’autre sens. « Je ne m’attendais pas à devoir assumer financièrement la fin de vie de mes parents », témoigne à son tour Pascal, 60 ans. Salarié d’une association nantaise où il gagne un peu plus d’un Smic, sa retraite demeure un horizon lointain : « Pour avoir tous mes trimestres, il va me falloir travailler jusqu’à 67 ans, voire plus. Je vais sans doute devoir me contenter du minimum vieillesse… » Ce qui préoccupe ce fils de cheminot, c’est la situation d’Yvonne, sa maman. Atteinte de la maladie d’Alzheimer, cette dame de 84 ans, qui a renoncé à sa carrière pour élever ses enfants, touche 1 300 euros mensuels de pension de réversion, depuis le décès de son mari, en 2015. Problème : avant de mourir, celui-ci, atteint d’une maladie invalidante, avait été placé en maison de retraite durant plusieurs années. « Toute sa pension servait à payer l’Ehpad et, pendant ce temps, ma mère a vécu sur leurs économies, qui ont fondu très vite », se souvient Pascal. Désormais, Yvonne, incapable de rester chez elle, va devoir être placée à son tour dans un établissement spécialisé. « Cela coûte 2 600 euros par mois au minimum, précise le fils . En vendant sa maison, on récupérera de quoi tenir trois ans, mais après ? Et dire que mes parents se considéraient et étaient vus comme des privilégiés… » se lamente-t-il.

Autre « privilégiée », Angèle, 73 ans, retraitée de la fonction publique, qui touche 1 600 euros par mois, après avoir travaillé jusqu’à 65 ans, s’inquiète, elle, pour sa belle-mère, Simone, qui vient de fêter ses 100 ans. « Elle vit depuis un an à la maison de retraite le Petit Paris, à Grasse. Sa pension, cumulée à la réversion de son mari, lui assure un revenu de seulement 820 euros. Or, l’Ehpad lui coûte 1 900 euros… » « Les gens qui nous gouvernent n’ont aucune idée des réalités. Il faudrait mettre au défi Macron, qui vient de renoncer symboliquement à sa retraite de président, de vivre avec 1 000 euros par mois ! » propose Pascal, qui a participé à toutes les manifestations depuis le 5 décembre. « Plus encore contre le mépris de nos gouvernants que contre la réforme des retraites, car c’est tout le système de solidarité qui est à revoir. »

De fait, l’actuel système devrait être largement abondé pour améliorer la situation de nos aînés et leur offrir une retraite digne. Au contraire, la réforme en cours leur promet une fin de vie dans la misère.

Eugénie Barbezat, avec Olivier Chartrain et Émilien Urbach
UN MINIMUM VIEILLESSE QUI CONDUIT À L’INDIGENCE

Depuis le 1er janvier 2019, les montants de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), encore appelée minimum vieillesse, sont de 868 euros pour une personne seule sans ressources et 1 347 euros pour un couple. Des chiffres à mettre en regard avec le coût moyen d’un hébergement en maison de retraite, qui se situe entre 1 900 et 2 600 euros par mois, c’est-à-dire plus que le montant moyen des pensions de retraite. Cette réalité frappe encore plus durement les femmes, qui vivent plus longtemps et finissent fréquemment leurs jours en situation de dépendance, mais touchent des pensions inférieures de 42 % en moyenne à celles des hommes.

 

 
 

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