• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 4 décembre 2019

Ce jour à 10 h30 manifestons à Arles !

Posté par jacques LAUPIES le 4 décembre 2019

 

1

La question de la reconduction se pose déjà. De nom breux salariés se disent lassés par les manifestations «	saute-moutons	». Martin Bureau/AFP

La question de la reconduction se pose déjà. De nom breux salariés se disent lassés par les manifestations « saute-moutons ». Martin Bureau/AFP
 

RETRAITES. « 2 000 APPELS À LA GRÈVE DANS LE PRIVÉ, ON N’A PAS VU ÇA DEPUIS DES ANNÉES »

Sur le terrain, tous les syndicalistes confirment que la mobilisation du 5 décembre s’annonce massive, et pas seulement dans le secteur public.

 

Une grève « corporatiste », de « privilégiés », destinée à « maintenir les régimes spéciaux ». Cette petite musique gouvernementale, martelée à longueur de prises de parole depuis des semaines, ne résiste pas aux faits. Sur le terrain, tous les syndicalistes le confirment : le mouvement du 5 décembre s’annonce massif, dans de nombreux secteurs, privé compris. « Pour l’instant, nous avons déjà reçu plus de 2 000 appels à la grève dans le privé et 190 points de manifestation, raconte David Gistau, responsable confédéral CGT (vie syndicale). Il faut remonter au plus fort des grèves contre la loi El Khomri ou même à la bataille des retraites de 2010 pour avoir de tels chiffres ! L’autre aspect exceptionnel de la situation, c’est que nous recevons beaucoup d’appels spontanés de personnes isolées : des salariés travaillant chez des artisans bouchers par exemple, ou bien des aides à domicile, qui souhaitent prendre connaissance de leurs droits, connaître les lieux des manifestations… »

Un nombre de préavis « historique »

Dans le détail, de nombreux secteurs du privé seront concernés par la grève, même s’il est impossible d’en faire une recension exhaustive. Les fédérations CGT de la chimie et de l’agroalimentaire annoncent un nombre de préavis « historique », quatre fois plus important que d’ordinaire. « Je n’ai jamais vu cela depuis 15 ans de responsabilité syndicale, relève Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral CGT chimie. À ce jour, nous recensons plus de 250 appels à la grève pour le 5 décembre. Cela montre le niveau de combativité. On est dans le flou, mais c’est positif : cela signifie que tout peut arriver. »

Même chose dans le commerce : « C’est la première fois que nous recevons autant d’appels à la grève, assure Amar Lagha, secrétaire général de la fédération CGT commerce et services. Cela touche la grande distribution (Casino, Carrefour, etc.), mais aussi l’esthétique (Séphora) ou la restauration (la Brioche dorée, McDo…). À l’heure actuelle, pas moins de 60 enseignes sont concernées. »

Tenir pour obtenir

Il est toujours difficile d’anticiper l’ampleur d’une mobilisation, à plus forte raison dans un secteur comme le commerce, considéré comme un « désert syndical ». Mais sur le terrain, les délégués se montrent optimistes. À la Fnac, où les organisations syndicales battent la campagne depuis des jours, les contacts sont encourageants, à tel point que certains se projettent déjà sur l’après-5 décembre : « Pour obtenir des résultats, nous devrons peser sur l’économie, résume Marie-Hélène Thomet, déléguée CGT pour la région Rhône-Alpes. Et le mois de décembre, pour la Fnac, est vraiment décisif : le groupe réalise plus de 20 % de son chiffre d’affaires annuel. » Le 5, la CGT de la Fnac organisera donc des assemblées générales dans les magasins, avec pour ambition de mener des actions tout au long du mois.

Ailleurs aussi, la question de la reconduction des grèves se pose dès maintenant. De nombreux salariés se disent lassés par les manifestations « saute-moutons » traditionnelles, où chacun rentre chez soi après une journée passée à battre le pavé. « Nous voulons inscrire la grève dans la durée parce qu’une seule journée ne suffit pas, souligne Jacques Borensztein, secrétaire adjoint de FO Paris. Nous n’avons obtenu satisfaction ni sur la loi travail, ni sur les ordonnances Macron. Il faut bloquer le pays en frappant tous ensemble ! »

Tous ont conscience cependant que la grève ne pourra pas fonctionner « par procuration ». Dans ce type de configuration, une majorité de travailleurs « délègue » son pouvoir de faire grève aux salariés implantés dans quelques secteurs stratégiques, comme les transports en commun ou l’énergie. Dans les raffineries, les salariés préviennent dès maintenant : cette fois-ci, ils ne monteront pas au front tout seuls. «  Tous les collègues ont en tête la bagarre de 2016, contre la loi travail, raconte Thierry Defresne, délégué syndical central CGT chez Total raffinage. Nous avions bloqué les raffineries pendant des semaines, et cela n’avait pas marché. De nombreux salariés d’autres secteurs venaient nous féliciter… Mais sans débrayer eux-mêmes ! Cela ne veut pas dire que nous ne ferons rien cette fois-ci, dans plusieurs raffineries, nous fermerons les vannes à partir du 5 décembre. Pour la suite, il faudra que tous les secteurs s’y mettent… »

Pour la fonction publique, en tout cas, la chose est entendue : la grève du 5 décembre s’annonce massive. Près de sept professeurs des écoles sur dix devraient débrayer, selon les prévisions des syndicats. À l’échelle nationale, quatre écoles sur dix devraient rester fermées. Dans certains endroits, les taux seront probablement encore plus importants : à Paris, par exemple, 80 % des enseignants pourraient faire grève…

D’autre part, il est impossible d’annoncer des estimations chiffrées, mais les estimations centralisées par les confédérations laissent présager d’une forte mobilisation, notamment dans les finances publiques et les douanes, la justice, la culture ou l’équipement. « Dans le secteur public, les remontées de terrain sont exceptionnelles, analyse David Gistau. Nous avons plus de 40 préavis déposés par les collectivités territoriales, avec des appels reconductibles. »

Cyprien Boganda, avec Kareen Janselme, Clotilde Mathieu, Loan Nguyen et Cécile Rousseau

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

entendez et écoutez nos propositions, faites les vôtres et engagez vous non pas pour suivre mais pour guider !

Posté par jacques LAUPIES le 4 décembre 2019

Oeuvre de Bernadette Bernard (Tarascon)

entendez et écoutez nos propositions, faites les vôtres et engagez vous non pas pour suivre mais pour guider ! dans POLITIQUE

J’ai toujours fui le travail pénible mais je l’ai souvent côtoyé, assez pour me rendre compte que les nouvelles générations, sur le conseil de leurs aînés qui par la force des choses y ont été exposés, ont généralement pour premier souci de s’en défaire. Ce qui à mon sens a un effet moteur évident dans la progression sociale.

Hormis quelques fanatiques  de métiers durs parce qu’ils en mesurent l’impact physique et psychologique sur leur santé et ne supportent pas l’ambiance bruyante des usines et la tiédeur des bureaux, les candidats aux travaux pénibles des chantiers du bâtiment, des champs et des vergers, voire dans la restauration, de surcroît très mal payés, se trouvent parmi les catégories les plus démunies dont évidemment immigrés arrivants.

L’exemple qu’offre l’agriculture dans notre région en témoigne. Des vagues successives de travailleurs immigrés ont  largement contribué à remplir nos assiettes. Et parmi ceux qui s’en prennent parfois à ces travailleurs, les stigmatisant sans la moindre reconnaissance ou encore stigmatisant les jeunes issus de ces familles qui tour à tour ont quitté l’Italie, l’Espagne, les pays du Maghreb et à présent l’Amérique du Sud via l’Espagne, nous trouvons hélas des catégories dites improprement  moyennes , moins pauvres mais pauvres tout de même !

Le poids des cultures et des religions différentes met les uns et les autres en situation d’opposition entre eux, de divisions mortifères, dont se servent les classes supérieures dominantes qui ainsi, appuyées par les médias à leur service, les détournent astucieusement de la politique.

A tel point qu’un parti comme le parti communiste, légitimement le plus apte à la défense de leurs intérêts à tous ne bénéficie même plus de leur appui électoral.  

Cela devient très grave pour la démocratie certes mais aussi pour le maintien des droits acquis au fil des siècles en matière de droits sociaux. 

C’est bien pour cela, qu’au delà des solidarités que peu a peu génèrent les luttes en cours, il importe que nous ne laissions pas le terrain de la politique privé de notre contribution et la contribution  des forces conscientes de la crise économique, politique, sociale qui s’exacerbe insidieusement !

Les élections municipales sont là et nous devons trouver le courage de rassembler ces forces, qu’elles se situent à un niveau individuel et collectif, pourvu qu’elles osent ouvertement faire de la ville un lieu de partage, d’entraide mais aussi de combat politique fort. 

Ceux qui travaillent dans la pénibilité, ceux qui aspirent à une émancipation sociale, ceux qui bénéficient d’un emploi plus sur, d’un statut les protégeant, ceux qui tentent souvent parce qu’ils n’ont pas le choix, d’accéder à un travail autonome ou artisanal et tus ceux nombreux qui connaissent la précarité ou le chômage doivent « apprendre » la politique au sen noble du terme. Nous sommes à leur service et même si cela parait prétentieux, nous leurs disons entendez et écoutez nos propositions, faites les vôtre et engagez vous non pas pour suivre mais pour guider !

 

Chaine de montage et fabrication d’avions de ligne. Sébastien Ortola/REA
Chaine de montage et fabrication d’avions de ligne. Sébastien Ortola/REA

PROTECTION SOCIALE. PÉNIBILITÉ : L’ANGLE MORT DE LA RÉFORME DES RETRAITES

Mardi, 3 Décembre, 2019

Pressé de faire disparaître le terme de pénibilité des dispositifs existants, le gouvernement n’a donné aucun gage aux salariés pouvant prétendre à des départs anticipés en raison de la dureté de leurs conditions de travail. Rencontre avec quatre salariés qui vivent des métiers difficiles et dont la réforme ne tiendrait plus compte.

 

« J e n’adore pas le mot pénibilité, car il donne le sentiment que le travail serait pénible. » Cette sortie du chef de l’État à Rodez début octobre, alors qu’il animait un « grand débat » aux allures d’opération de communication, révèle le déni majeur de l’exécutif quant à la réalité des conditions de travail de millions de salariés.

Entre l’attaque virulente du gouvernement contre les régimes spéciaux ouvrant droit à des départs anticipés et le rabotage ces dernières années des critères du compte pénibilité – rebaptisé compte personnel de prévention (C2P) en 2017 pour l’expurger du terme litigieux –, les travailleurs exposés à des tâches difficiles risquent de voir la perspective de la retraite s’éloigner, et leur espérance de vie en bonne santé s’amenuiser.

Créé en 2014, le C2P, dont l’avenir semble incertain, ne donnait droit – au maximum – qu’à partir deux ans avant l’âge légal. De dix critères donnant accès à un départ anticipé en 2016 (manutentions manuelles de charges lourdes, postures pénibles définies comme positions forcées des articulations, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux, y compris les poussières et les fumées, activités exercées en milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit, travail de nuit, travail posté, travail répétitif caractérisé par la répétition d’un même geste, à une cadence contrainte), le compte personnel de prévention ne retient plus que les six derniers depuis 2017. Et avec des exigences de seuil inaccessibles à de nombreux salariés. Au final, le Conseil d’orientation des retraites (COR) n’estimait qu’à 18 000 le nombre de travailleurs qui seraient en capacité de partir plus tôt en 2060 grâce à ces mesures, de trois trimestres en moyenne.

Avant cela, la loi du 9 novembre 2010, en parallèle du report de l’âge légal de départ en retraite à 62 ans, avait permis aux salariés justifiant d’une incapacité permanente partielle au titre d’une maladie professionnelle ou d’un accident du travail de conserver le droit de partir à 60 ans. Un dispositif qui avait concerné à peine plus de 2 400 personnes en 2018, d’après les chiffres du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020. Dans le privé, le bilan est tellement limité qu’il semble évident que ces mécanismes minimisent largement la reconnaissance de la pénibilité dans l’ensemble des secteurs qui restent exposés à des conditions de travail difficiles (lire notre article page 6 et l’entretien page 7). Quel arbitrage rendra le gouvernement en la matière ? Le flou demeure. Même si l’exécutif suivait les préconisations du haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, de généraliser à la fonction publique ces deux mécanismes, les agents bénéficiant de régimes spéciaux, par exemple les aides-soignantes comme Valérie, se retrouveraient immanquablement lésés.

L’Humanité est allée à la rencontre de quatre travailleurs pour mettre en lumière l’ampleur des risques pour la santé à long terme auxquels ceux-ci sont confrontés et leur refus de voir leur durée de cotisation s’allonger et le montant de leur pension diminuer. Certains d’entre eux bénéficient de régimes spéciaux leur donnant droit à un départ en retraite anticipé. Des mesures nécessaires mais parfois insuffisantes.

Loan Nguyen

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus