Je me souviens…

Posté par jacques LAUPIES le 17 février 2020

Je me souviens, c’était fin 2016 alors que Macron venait d’annoncer qu’il entendait réformer le système des retraites, au cas ou il serait élu, avoir rencontré un électeur de Tarascon dont je savais qu’il avait souvent soutenu l’union de la gauche mais que sa préférence n’allait parfois vers les communistes, bien que sa famille fut de tradition socialiste.

Je l’avais mis en garde sur le vote Macron, émanation directe des milieux financiers qui tombait tout droit des nébuleuses social libérales et droitières lui indiquant que son choix était suicidaire pour l’avenir des français. Fuyant le PS  et pas du tout rassuré et les gesticulations naufrageuses de la droite fillonnaise,  il avait mieux à faire que de voter pour ce qui est devenu l’actuel Président de la République. Je crains hélas qu’il ne m’ait pas entendu et que la stratégie de Mélenchon, unitaire à sens unique, doublées d’une méfiance à son égard, ne l’ait pas séduit non plus !

Combien de français ont réagi comme lui. A peine  deux sur dix bien que cependant ils ne l’aient pas toujours fait en connaissance de cause.

Alors nous dire comme le font des députés LREM que le Démocratie implique de respecter le vote de 2017 est une vaste fumisterie voire un extraordinaire mensonge. Et si d’aventure Monica Michel, Députée d’Arles avec le sourire d’usage qu’elle affiche et les prétentions municipales qu’elle développe, s’avise de suivre son président bonapartiste, en votant le projet de loi gouvernemental sur les retraites, je lui conseillerai de préparer la sienne !

 

DSC_0130-grand débat Gilets Jaunes 

Monica Michel (à droite) aura-t-elle le courage de voter contre la réforme !

Autant qu’elle en a eu pour ne pas soutenir les gilets jaunes lors du grand débat à Tarascon ?

Manifestation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, à Paris, le 24 janvier. Une nouvelle mobilisation est prévue aujourd’hui à 16 heures devant le Palais Bourbon.Nicolas Cleuet/Hanslucas de
Manifestation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, à Paris, le 24 janvier. Une nouvelle mobilisation est prévue aujourd’hui à 16 heures devant le Palais Bourbon.Nicolas Cleuet/Hanslucas

DÉMOCRATIE. JOUR HISTORIQUE À L’ASSEMBLÉE : LES DÉPUTÉS DOIVENT ENTENDRE LE PAYS

Lundi, 17 Février, 2020

La réforme des retraites arrive aujourd’hui dans l’Hémicycle, après des semaines de mobilisation sociale. Les députés LaREM écouteront-ils les Français ?

 

Les élus de la majorité ont rendez-vous avec l’histoire : le texte de la réforme des retraites arrive cet après-midi dans l’Hémicycle. Devant cette responsabilité immense, les députés LaREM feraient bien de relire de toute urgence la Constitution. C’est écrit noir sur blanc dans la loi fondamentale : « La souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. » Les macronistes qui siègent au Parlement en ont-ils seulement conscience ? Car le projet de destruction d’un droit à une retraite digne et véritable voulu par Emmanuel Macron est contesté de toutes parts. Le président de la République a d’ores et déjà perdu la bataille de l’opinion. Il est minoritaire dans le pays, et n’a pour seule majorité que celle élue à l’Assemblée nationale en 2017. Une majorité pour l’instant sourde aux appels des Français, qui s’enferme dans un Palais-Bourbon déconnecté du pays.

Tous les syndicats ont tiré la sonnette d’alarme

Quelles seraient les conséquences politiques dramatiques si, dans les jours qui viennent, la représentation nationale, censée représenter le peuple, fait tout l’inverse ? « Nous sommes déjà dans une crise politique et démocratique très approfondie. Un passage en force de la réforme des retraites continuerait de nous tirer vers le fond et de décrédibiliser nos institutions abîmées. Une réaction saine serait d’écouter les Français. C’est à cela que doivent servir les députés », observe le parlementaire PCF Pierre Dharréville.

Depuis le 5 décembre s’exprime un mouvement social d’une ampleur exceptionnelle. Des millions de personnes ont déjà manifesté contre le projet d’Emmanuel Macron. Tous les syndicats ont tiré la sonnette d’alarme et continuent de s’inquiéter du contenu de la réforme. Avocats, pompiers, médecins, éboueurs, danseurs, instituteurs, cheminots, saisonniers, infirmiers… La liste des professions mobilisées contre le projet gravissime de l’exécutif fait le tour du pays.

Le gouvernement accumule les mensonges

Selon le sondage Elabe réalisé pour l’Humanité et la Marseillaise, 67 % des Français se déclarent même favorables à l’organisation d’un référendum sur la réforme des retraites, preuve qu’ils ne font pas confiance au Parlement pour les représenter fidèlement. Il faut dire que, à chaque fois qu’ils en ont l’occasion, les députés LaREM répètent en chœur vouloir « appliquer le programme d’Emmanuel Macron, qui a été élu par les Français en 2017 »« C’est un mensonge éhonté. Dans son programme, Macron ne parle ni de repousser l’âge de départ à la retraite, ni de diminuer le montant des pensions. C’est pourtant exactement ce que prévoit le projet de loi », s’indigne Adrien Quatennens. Le député FI appelle les parlementaires LaREM à relever la tête. « Les Français sont pris pour des idiots et les députés aussi sont pris pour des idiots. On ne peut pas signer un chèque en blanc au gouvernement sur une question aussi fondamentale que les retraites, or il y a 29 ordonnances dans le projet de loi. Même l’étude d’impact est truffée de mensonges éhontés », s’alarme-t-il.

La réforme des retraites prend l’eau de toute part. Elle est « insincère » et « lacunaire », comme s’en est ému dans un avis assassin le Conseil d’État. Elle n’est même pas financée, comme s’en sont inquiétés les députés LaREM Émilie Cariou et Laurent Saint-Martin, pourtant rapporteur général du budget. Tous les éléments de langage sur une prétendue « universalité » ont déjà volé en éclats lors des débats. Pire : les promesses d’une pension minimum à 1 000 euros, pour les agriculteurs et pour tout le monde, se sont révélées mensongères. L’exécutif a même reconnu que sa réforme concernera toutes les générations, soit même ceux nés avant 1975. D’autres surprises ? L’indicateur transformant les points en euros au moment de faire valoir ses droits est lui-même tout simplement encore inconnu et purement fictif. Peut-on décemment légiférer dans ces conditions ? « La seule garantie obtenue, c’est que le montant global des pensions sera contraint par la règle d’or, à savoir une part maximale dans le PIB, ce qui fera baisser le niveau des retraites en cas de crise. C’est très inquiétant », dénonce le député PS Boris Vallaud.

« Une autre réforme des retraites est possible »

Un sursaut des élus LaREM est plus que jamais attendu. « À partir d’aujourd’hui, ils ont le pouvoir entre leurs mains. Ils ne pourront pas se cacher derrière leur petit doigt et vont devoir agir en conscience. Je les appelle à ne pas considérer nos initiatives comme une volonté d’entraver leur marche. Ce serait passer à côté de choses essentielles, enracinées dans le pays. Je les appelle à nous écouter », lance Pierre Dharréville. Le député PCF défendra ainsi une motion de rejet préalable cet après-midi dans l’Hémicycle. « Les parlementaires LaREM peuvent en conscience la voter, ou au moins voter la motion référendaire qui sera défendue par Fabien Roussel. Leur responsabilité est de dire stop au traitement infligé au pays et au Parlement », ajoute-t-il.

En cas d’échec de ces deux motions, l’examen du texte se fera article par article. Plus de 41 000 amendements ont déjà été déposés par les groupes parlementaires, contre environ 20 000 en commission. « Nous en avons rédigé 12 500. Nous voulons nourrir le débat de nos propositions et de nos arguments. Nous avons beaucoup d’amendements de fond, qui montrent qu’une tout autre réforme des retraites est possible », explique Pierre Dharréville. Le député, à l’instar de Boris Vallaud, dit craindre l’arsenal dont dispose désormais le président de l’Assemblée nationale pour empêcher les échanges. « Le tout nouveau règlement permet au président d’entraver les débats. Il a été fait pour ce type de cas de figure. On peut redouter une utilisation extrêmement stricte, avec un seul avis pour et un seul avis contre par amendement pour tout l’Hémicycle. Mieux vaudrait par contre y réfléchir à deux fois, car le Conseil constitutionnel a déjà émis des réserves et appelé à utiliser cet outil de façon mesurée et proportionnée », développe-t-il.

Une chose reste certaine : le débat d’aujourd’hui et des jours à venir fera date. Reste à savoir si les 60 députés de gauche seront les seuls à se montrer à la hauteur, en faisant entrer la voix des Français dans l’Hémicycle. La responsabilité des députés LaREM, devant notre modèle social et devant leur rôle de parlementaires, sera quant à elle gravée dans le marbre de l’histoire.

Aurélien Soucheyre

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A propos de moralité » de « respect de la vie privée » et de la mise en cause d’un homme politique !

Posté par jacques LAUPIES le 15 février 2020

Pour que de tels faits ne se reproduisent, là comme dans bien d’autres domaines de la vie économique et sociale, politique et culturelle voire celle des morales, il faudrait s’en prendre aux causes.

Ainsi par exemple pour éviter les délocalisations meurtrières en matière d’emploi faudrait-il établir des règles fiscales et sociales qui conduisent à décourager les actionnaires d’aller chercher un coût du travail moins cher ou à procéder à toutes sortes de fraudes financières. L’institution de règles fiscales et sociales harmonisée en est une parmi d’autres qui pourraient neutraliser les « tricheurs ».  Certes tant que la production des richesses ne sera pas sous contrôle démocratique et au profit d’une infime minorité lesdits tricheurs auront beau jeu pour détourner les lois !

Ainsi sur le plan culturel faudrait-il éloigner du public les religions, les sectes, diffusant leurs principes moraux au nom d’idéologies et de croyances leur appartenant. Ces principes ne sauraient être imposés à quiconque, mais hélas des hommes politiques des patrons de médias les prennent à leur compte et les instrumentalisent pour servir leurs objectifs. La laïcité est certes un remède mais bien insuffisant au regard des dérives possibles que seule l’éducation pourrait atténuer !

Ainsi s’impose  dans l’opinion une vision majoritaire, ou en tout cas assez forte, de valeurs morales souvent désuètes, si ce n’est d’une dangereuses fausseté (racisme, xénophobie, rejet de certaines pratiques sexuelles)  que couvre souvent une vaste hypocrisie  où le « fais ce que je dis mais pas ce que je fais » devient nécessairement pratique courante.

Evidemment personne, parmi les faux culs, ne résiste la mise en cause de sa probité et, on le constate dans les multiples faits divers (sic) que révèlent parfois  des actes de délinquances mais aussi et c’est autrement plus grave des attitudes révélées par d’ignobles violation de la vie privée. 

On le voit étant donné la multitude et la diversité des conceptions sur la morale, voire sur l’éthique, la tentation d’utiliser comme arme les comportements individuels des hommes (et des femmes bien que moins concernées pour l’instant) est forte et parait s’imposer. Même à ceux la même qui ont pu en être victime ! 

En fait pour éviter les coups bas en ce domaine il conviendrait de « décrasser » la société tout entière de ces principes moraux que répandent dogmatiques de toutes sortes. Vaste programme, c’est clair,  et qui prendra du temps. Les mœurs et les pratiques qui ne portent atteinte à qui que ce soit, concernent des personnes consentantes, n’ont pas à être divulguées et c’est mettre en cause la vie privée que de le faire. 

Pour éviter ces situations qui aboutissent à des chantages, aux pires menaces, la meilleure façon est de se déclarer prêt à y résister et s’en prémunir en ne donnant pas une fausse image  de son intimité et si possible en ne l’exhibant pas ce que font malheureusement de nombreux politiques qui tentent de rendre sympathique en donnant un visage conformiste d’eux mêmes ! 

La loi doit protéger, et elle le fait, ceux qui sont victimes d’atteinte à leur vie privée mais elle n’épargne pas les conséquences de la mise au grand jour de tout ce qui n’est justement pas conforme à l’idée que se font notamment ceux qui se soumettent aux règles morales communément admises. A fortiori si la victime elle-même a fait preuve d’une certaine hypocrisie !

Enfin une question se pose : est ce que l’on peut dissocier l’usage de la délation qui accompagne l’intention de nuire de l’ensemble des fondements qui déterminent le fonctionnement d’une société ? 

Je ne le crois pas d’ou la nécessité de s’en prendre à eux ! Notamment lorsque ces sociétés  sont profondément inégalitaires et soumises à des contradictions d’intérêts entre classe et catégories. Gageons que le chemin sera long pour arriver à ce que l’on pourrait alors appeler un sociétéfraternelle

 

 

 Lionel Bonaventure/ AFP

Lionel Bonaventure/ AFP

GRIVEAUX RENONCE, LES CARTES REBATTUES À PARIS

Vendredi, 14 Février, 2020

Le candidat d’En marche se retire brutalement de la campagne, pour « protéger les siens » après la diffusion de messages et vidéos à caractère intime.

 

Il a pris la soirée et la nuit pour soupeser sa décision. « Un site internet et des réseaux sociaux ont relayé des attaques ignobles mettant en cause ma vie privée. Ma famille ne mérite pas cela. Personne, au fond, ne devrait jamais subir une telle violence » : Benjamin Griveaux, le candidat investi par LaREM pour l’élection municipale dans la capitale, jette l’éponge, dans une déclaration enregistrée en début de matinée au siège de l’AFP, en présence de BFM Paris.

« En annonçant ma candidature à la mairie de Paris, je connaissais la dureté du combat politique », a-t-il commenté, au milieu de membres de son équipe de campagne. « Depuis plus d’un an, ma famille et moi avons subi des propos diffamatoires, des mensonges, des rumeurs, des attaques anonymes, la révélation de conversations privées dérobées ainsi que des menaces de mort », a-t-il poursuivi: « Ce torrent de boue m’a affecté et surtout a fait mal à ceux que j’aime. Comme si cela n’était pas suffisant, hier, un nouveau stade a été franchi. Un site internet et des réseaux sociaux ont relayé des attaques ignobles mettant en cause ma vie privée. Ma famille ne mérite pas cela. Personne, au fond, ne devrait jamais subir cette violence. En ce qui me concerne, je ne suis pas prêt à nous exposer davantage ma famille et moi quand tous les coups sont désormais permis. Cela va trop loin. »

Plusieurs messages et videos privées à caractère intime avaient été publiées jeudi sur le site d’un artiste performer russe réfugié en France, Piotr Pavlenski. Celui-ci entend dénoncer « les fonctionnaires et représentants politiques qui mentent à leurs électeurs en imposant le puritanisme à la société, alors qu’ils le méprisent eux-mêmes ». Seul Benjamin Griveaux en est la cible pourtant à ce jour, et le site est devenu viral lorsque son adresse fut donnée jeudi soir par le député (ex LaREM) Joachim Son-Forget, ) appelant de son côté que « les instigateurs de ces lynchages organisés doivent être traduits en justice ». Pour la députée PCF Elsa Faucillon, « Benjamin Griveaux retire sa candidature parce que son intimité a été salie. Je ne conçois pas une démocratie où c’est comme cela que l’on s’affronte politiquement ».

La décision du candidat rebat le cartes de l’élection à quatre semaines du premier tour. «Nous n’attendons pas d’explications sur le sujet. Il y a une confusion sphère privée et sphère publique, nous ne commenterons pas et prendrons acte des conséquences politiques » a déclaré ce matin sur Sud radio Emmanuel Grégoire, directeur de campagne d’Anne Hidalgo. Pour En marche, le coup est rude, même si les chances de son candidat, placé par tous les sondages en troisième position, apparaissaient minces. La maire sortante a vendredi matin appelé « au respect de la vie privée et des personnes », estimant que « les Parisiennes et les Parisiens méritent un débat digne ».

En marge de sa déclaration, Benjamin Griveaux a expliqué s’être entretenu tard jeudi soir avec le président Emmanuel Macron, qui l’a selon lui assuré de son soutien « quelle que soit sa décision », en l’invitant à protéger les siens. Le chef de l’État qui s’est impliqué fortement dans l’élection, avec d’anciens de ses conseillers dépechés au QG de campagne pour relancer la campagne de Benjamin Griveaux, se trouve à court de munitions. Cédric Villani ,en s’étant maintenu, cristallise de la rancoeur parmi l’électorat d’En marche dont une partie n’est pas prête à voter pour lui. Surtout qu’il vient d’être exclu du parti… Le mathématicien a adressé vendredi matin, à Benjamin Griveaux, ainsi qu’à sa famille, son « soutien plein et entier dans cette épreuve. Je prends acte de sa décision difficile. L’attaque indigne qu’il subit est une menace grave pour notre démocratie ». Le mouvement pourrait alors se tourner vers ses colistiers. Vendredi matin, la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa a exclu de prendre la suite. On évoque également l’hypothèse Delphine Burkli, maire du 9eme arrondissement, qui aurait alors à faire oublier qu’elle est issue de la droite LR, quittée en juin 2019.

Pour le politologue Dominique Reynié, « Face à un tel régime médiatique et les réseaux sociaux, nous sommes débordés par la violence, rhétorique et physique, et c’est clairement un danger pour la démocratie ». « Dans un moment où les hommes politiques de l’ancien ou du nouveau monde se disputent le privilège de la morale, il est insupportable de les voir si souvent en manquer », assène la chroniqueuse Michèle Cotta. Si la diffusion des images est passible des tribunaux, leur échange privé en revanche n’est en rien répréhensible. L’épisode s’inscrit dans une tension générale de la société, constatée depuis la répression des premières manifestations des gilets jaunes. Et augure mal de la campagne présidentielle dans deux ans.

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Rendre à Croizat ce qui revient à Croizat

Posté par jacques LAUPIES le 14 février 2020

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RÉFORME DES RETRAITES : 67 % DES FRANÇAIS VEULENT UN RÉFÉRENDUM

Posté par jacques LAUPIES le 13 février 2020

 

 

RÉFORME DES RETRAITES : 67 % DES FRANÇAIS VEULENT UN RÉFÉRENDUM dans POLITIQUE

RÉFORME DES RETRAITES : 67 % DES FRANÇAIS VEULENT UN RÉFÉRENDUM

Jeudi, 13 Février, 2020

Selon notre sondage Ifop, 67 % des Français souhaitent se prononcer directement sur le projet de l’exécutif. À 56 %, ils indiquent même vouloir le repousser, preuve que le gouvernement ne peut pas imposer son projet à marche forcée.

 
 
 
 
 
Les résultats sont sans appel : 67 % des Français soutiennent la tenue d’un référendum sur la réforme des retraites. Le sondage réalisé par l’Ifop pour l’Humanité et la Marseillaise « montre un niveau d’adhésion massif » à cette idée, portée par l’appel lancé le 10 février dans nos colonnes et déjà signé par plus de 35 000 personnes. Le président de la République, qui fait face à une mobilisation historique contre son projet mais a jusqu’à présent méprisé les citoyens, les manifestants, les syndicats et les parlementaires, ne peut plus continuer d’ignorer les Français. Un référendum lui donne l’occasion de consulter le pays et de sortir du conflit par le haut. Les deux tiers des citoyens y sont favorables. « L’adhésion est non seulement massive mais également extrêmement peu clivée. Les Français sont pour un référendum quels que soient leur âge, leur classe sociale, leur statut public ou privé, leur situation géographique et leur préférence politique et partisane », pointe Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l’Ifop. Seulement 15 % des Français, très minoritaires, se déclarent d’ailleurs « pas du tout favorables ».
 
55 % des électeurs de Macron sont favorables à un référendum
En cas de référendum, ils sont de nouveau majoritaires à vouloir repousser la réforme d’Emmanuel Macron : 56 % voteraient « non ». « Cela signifie que les Français s’interrogent massivement sur le bien-fondé de cette réforme, et que le gouvernement n’a pas convaincu sur sa légitimité pour la mener à bien. Cela montre également que ce qui se passe actuellement au Parlement n’est pas du tout de nature à rassurer les Français. À leurs yeux, le référendum apparaît comme la meilleure façon de trancher la question », développe Frédéric Dabi.
Dans le détail, la proportion de sondés pour un référendum monte à 84 % chez les sympathisants du PCF et de la France insoumise, ou encore 69 % du PS ou d’EELV (70 %). L’adhésion à un référendum est très partagée à gauche, avec des niveaux à la fois élevés et comparables. Elle est aussi partagée à un moindre degré à droite : 54 % des électeurs LR, 76 % de ceux de l’extrême droite y sont également favorables. Parmi ceux qui ne revendiquent aucune proximité partisane, ils sont encore 69 % à vouloir que les Français tranchent par le vote la question de la réforme. Et même… 45 %, soit une forte minorité, des personnes sondées se déclarant sympathisantes d’En marche. Si l’on se réfère au vote de 2017, c’est une majorité (55 %) des électeurs d’Emmanuel Macron qui sont favorables à un référendum. C’est donc de sa base que se coupe un peu le président de la République, avec la méthode retenue pour sa réforme. La demande référendaire traverse toutes les générations d’actifs. Ainsi 70 % des 18-24 ans, quasi autant des 25-34 ans (69 %), 68 % des 35-49 ans et 69 % des 50-64 ans y sont favorables. C’est un tout petit peu moins chez les retraités, quoique 61 % des 65 ans et plus se disent tout de même favorables à la tenue d’un référendum.
 
 
Difficile pour l’exécutif d’ignorer cet arc large
C’est ainsi plus de deux Français sur trois, tous âges confondus, qui se retrouvent d’accord. Difficile pour l’exécutif d’ignorer cet arc large qui conteste sa réforme. Surtout que, dans le dernier tableau de bord mensuel de l’Ifop, Emmanuel Macron chute de 4 points avec 36 % de « bonnes opinions », soit son niveau de février 2019 en pleine crise des gilets jaunes. Le chef de l’État y baisse chez les ouvriers (19 %, – 7) et les employés (25 %, – 6), mais également dans les catégories qui lui sont d’habitude plus favorables : les cadres supérieurs (51 %, – 7), les retraités (42 %, – 5), et les sympathisants « Les Républicains » (29 %, – 15). Une désaffection nouvelle pour Macron, qui enregistrait auparavant ses meilleurs scores dans ces catégories, après avoir capté en 2017 les voix qui s’étaient portées sur Hollande en 2012. L’apport des cadres supérieurs, des retraités issus de la droite, avait ensuite, courant 2018, compensé la désaffection de l’électorat de centre gauche. Emmanuel Macron avait jusqu’ici bénéficié globalement, en termes de popularité, de ces vases communicants. La dernière période semble au contraire montrer une fuite des deux côtés.
Sur le fond cependant, le caractère droitier de la politique du gouvernement ne trompe pas. En cas de référendum, 56 % des Français, selon notre sondage, se prononceraient contre la réforme du gouvernement. Les millions de manifestants qui ont défilé dans les rues depuis le 5 décembre, n’en déplaise à l’exécutif, ne sont pas aussi isolés qu’il aime à le prétendre.
« J’entends ceux qui exercent leur droit profondément légitime de faire grève, mais aussi ceux qui subissent des désagréments et qui souffrent », avait tenté dès les premières heures du mouvement en décembre Édouard Philippe. Mais, près de trois mois plus tard, son gouvernement, malgré ses efforts de « pédagogie », n’a toujours pas convaincu… hormis à droite. « On retrouve la sainte alliance que l’on a vue sur beaucoup de réformes par le passé entre les sympathisants de la République en marche et ceux des “Républicains” qui en cas de vote seraient en ligne avec le projet du gouvernement », explique Frédéric Dabi. Si 44 % de Français se porteraient sur le « oui », la proportion monte à 85 % chez les sympathisants LaREM et à 65 % chez ceux des « Républicains ». L’ancrage à droite du mouvement présidentiel se confirme puisque, si l’électorat de François Fillon de 2017 se prononcerait en faveur de la réforme au même niveau que les proches de LR (64 %), seuls 68 % de celui d’Emmanuel Macron le feraient aussi.
Le système universel par points tant vanté par l’exécutif rencontrerait l’opposition frontale de la gauche en cas de vote avec un non à 71 % (86 % chez les proches de la FI et du PCF, 73 % pour le PS, 63 % pour EELV) et dans une moindre mesure du RN (66 %). « La France des actifs et des jeunes serait sur le non, à la différence des personnes âgées qui ne sont pas concernées par la réforme », relève également le sondeur. Parmi ceux les plus portés à refuser le projet gouvernemental, on trouve ainsi les 18-24 ans (64 %), les habitants des communes rurales (64 %), les salariés du secteur public (68 %, mais aussi une majorité de ceux du privé avec 54 %). Et tandis que les dirigeants d’entreprise voteraient à 60 % en faveur de la réforme, 66 % des employés et des ouvriers se prononceraient contre.
Autant de monde susceptible de se retrouver devant l’Assemblée nationale le 17 février lors de l’arrivée du projet de loi dans l’Hémicycle, mais aussi le 20 février à l’occasion de la nouvelle journée d’action à l’appel de l’intersyndicale.
 
Julia Hamlaoui, Aurélien Soucheyre et Lionel Venturini

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De chacun selon ses besoins à chacun selon ses moyens !

Posté par jacques LAUPIES le 12 février 2020

De chacun selon ses besoins à chacun selon ses moyens ! Belle formule qui préfigure une société en marche vers ce que d’aucuns n’osent appeler le communisme…Et pourtant ? Imaginez que demain la formule soit appliquée pour l’usage de l’éducation, des soins, du logement, des transports et généralement de tout ce qui est nécessaire à l’épanouissement des individus comment qualifieriez vous la société qui appliquerait ce principe énoncé plus haut?

 

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